Dans un communiqué de presse du 1er août, la Coordination rurale (CR) s'inquiète de l'impact de la fièvre aphteuse sur le marché algérien. « En 2013, l'Algérie achetait près de 70 % des bovins maigres exportés par la France vers les pays tiers, rappelle le syndicat. A quel prix va-t-on vendre ces animaux ailleurs si ce marché-là se ferme demain ? »

C'est l'occasion pour le syndicat d'indiquer que, selon Agreste, « pour un solde du commerce extérieur de bovins vifs de 154.700 tec (tonnes-équivalent carcasse) en 2013, le solde des viandes était négatif de 137.000 tec. » Une perte nette pour l'économie, selon la CR.

« La balance commerciale de la filière viande française penche dangereusement en défaveur des éleveurs car 20 % des bovins produits sont exportés vivants vers des marchés qui peuvent se retourner brusquement pour des raisons sanitaires, économiques ou politiques », estime le syndicat.

Créer de la valeur ajoutée sur les exploitations

La CR rebondit ainsi sur les conséquences de la Pac. « La France pourrait être un acteur majeur de l'exportation de viande bovine de qualité, avec des gros bovins finis valorisés à l'exportation en cas d'engorgement du marché, clame-t-elle. Au lieu de ça, Stéphane Le Foll a choisi de délaisser les engraisseurs dans sa Pac. »

Le syndicat rappelle qu'à son sens, « la vocation de l'élevage français est bien de créer la valeur ajoutée dans les exploitations agricoles qui nourrissent et nourriront le pays. Il s'agit donc d'alimenter le marché intérieur et européen en ne considérant qu'accessoire l'exportation vers les pays tiers à la seule fin d'ajuster le marché. Il ne peut pas constituer le socle de la politique agricole en matière de viande. »