Habituellement, le gros de la collecte de blé tendre a lieu en juillet-août, puis celle-ci est marquée par une reprise en février. La collecte de la récolte de 2016 a un profil différent. « Il n’y a pas eu le phénomène de sursaut auquel on est habitué », a expliqué Olivia Le Lamer, adjointe au chef de l’unité des grains et sucre chez FranceAgriMer, à l’occasion d’une conférence de presse ce 12 avril.

De plus, fin février, près de 80 % de la collecte était réalisés, contre 70 % l’année dernière. Ainsi, la collecte s’est-elle « effectuée massivement en première partie de campagne ». Les besoins de trésorerie auraient incité à une commercialisation rapide.

Une collecte de blé tendre 2016 à 25,6 Mt

En parallèle, les stocks en dépôt sont « très inférieurs à l’an dernier ». Ces éléments amènent FranceAgriMer à revoir à la baisse sa prévision de collecte de 2016-2017 à 25,6 millions de tonnes (soit une diminution de 335 000 tonnes de blé par rapport à l’évaluation de mars 2017), avançant une surestimation des stocks en ferme. La raison ? Rémi Haquin, président du conseil spécialisé pour la filière céréalière, explique : « En occupant les mêmes volumes en cellule, il y a eu moins de tonnage à livrer que l’année dernière », du fait des faibles PS (poids spécifique) qui ont marqué la récolte de 2016.

Les estimations des tonnages de grains exportés restaient, elles, dans la même lignée que ceux de mars 2017, à 10,8 Mt de blé.

Un plan stratégique pour l’exportation dans les tuyaux

Ludovic Pâris, délégué de FranceAgriMer pour la filière céréalière, a annoncé lors de la conférence de presse qu’un plan stratégique en matière d’exportation pour les filières agricoles, agroalimentaire, forestières et de produits biosourcés était en préparation au ministère de l’Agriculture.

Ce plan a pour objectif de renverser la tendance actuelle suivant laquelle la France perd des parts sur les marchés internationaux. L’accompagnement des entreprises dans la durée, la confortation des marchés existants (lait, vin, céréales, semences), l’ouverture de nouveaux marchés et la promotion des produits français sont au menu de ce plan, qui devrait être validé au début de mai.

A. Cas.