Sécheresse, gel et enfin canicule, ce n’est pas encore les dix plaies d’Égypte, mais on s’en approche. Sur les plateaux de la Côte-d’Or au nord de Dijon, les cultures céréalières ont encaissé de plein fouet les différents phénomènes climatiques du printemps. « Des épis complètement vides, des épis à moitié remplis et des petits grains qui vont partir à la moissonneuse », commente Hervé Chariot, agriculteur à Chaignay, en parcourant l’une des dernières parcelles d’orge d’hiver non récoltées. Sur son exploitation, la moyenne de rendement s’établit à 40 q/ha pour cette culture.

Inquiétudes pour le blé

En blé, les prévisions sont légèrement meilleures, mais pas pour autant rassurantes. « On a eu des coups de chaud très important au début de juin, avec des températures à plus de 30°C. Avec ça, il y a eu de l’échaudage sur les céréales », poursuit-il, prévoyant une récolte de blé de 50 q/ha en moyenne. « J’espère que les terres plus profondes vont compenser un peu », s’inquiète-t-il.

Un besoin d’équilibrage des aides

« On ne peut plus vivre comme ça », se désole Hervé. Dans le secteur, la dernière bonne moisson remonte à 2012. « On a des coûts de production entre 160 et 170 €/t, en vendant à 140 €/t, on perd de l’argent tous les ans. ». Hervé Chariot demande une réflexion autour des aides pour les zones intermédiaires pour compenser le potentiel de production avec les grands bassins céréaliers. « On récolte entre 5 et 6 t, à 140 €/t, on est entre 700 et 800 € de produit, plus 200 € de primes, on arrive à 1 000 € à l’hectare. Ce n’est pas tenable ! »

Tanguy DhelinJournaliste web

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Le blé en légère progression

Les prix du blé étaient en légère progression mercredi en fin de journée, la récolte française de blé s’annonçant plutôt bonne, en dépit des épisodes de canicule qui ont touché le pays en juin et de la sécheresse. En revanche, cette sécheresse inquiète les producteurs de maïs.