Le Groupe Soufflet a communiqué lundi les premiers résultats de fonctionnement de sa chaudière à biomasse du site de Nogent-sur-Seine, utilisant comme combustible la poussière des céréales, en l'occurrence l'orge de brasserie. La chaleur qu'elle produit est réutilisée dans les opérations de maltage, lors du séchage.

Installée en septembre 2011, et mise en service au mois d'octobre, cette chaudière à biocombustible constitue, de l'avis de Soufflet, une « avancée technologique » dont la « constance des performances permet de faire de substantielles économies énergétiques et environnementales » comparée à un séchage classique au gaz naturel, tout en valorisant au mieux la poussière d'orge générée par l'activité des deux malteries du site.

Là où d'autres procédés utilisaient classiquement des grains, de la paille ou bien des agropellets, la chaudière à biomasse de Soufflet utilise comme biocombustible directement la poussière des céréales, subvenant à 73 % de ses besoins en séchage.

Une fois la combustion à 1.000°C de cette biomasse réputée instable maîtrisée, concède le groupe, la nouvelle chaudière a permis d'obtenir une réduction annuelle de la consommation de gaz naturel sur le site de l'ordre de 75 %.

Avec une puissance de 6 MW et un pouvoir calorifique moyen du biocombustible de 4 MWh/t, « à pleine puissance la chaudière utilise 1,5 tonne de poussières par heure », détaille Soufflet. 12.000 tonnes de poussières d'orge par an seraient ainsi brûlées.

Ce nouveau processus, explique Soufflet, permet également de diminuer « fortement l'empreinte carbone du site » en limitant les émissions de CO2, principal gaz à effet de serre : « La substitution au gaz naturel permet une économie de 8.700 tonnes (de CO2) auxquelles on peut ajouter les 1.000 tonnes produites habituellement par le transport des déchets, explique le groupe. Au total, c'est une réduction de 9.700 tonnes annuelles de CO2 qui vient améliorer le bilan carbone du site ».

C'est au bénéfice d'un dossier déposé dans le cadre de l'appel à projets de 2009 du Fonds chaleur (BCIA) – créé à la suite du Grenelle de l'environnement – que le procédé de chaudière à biocombustible à partir des poussières des céréales développés par le Groupe Soufflet a pu voir le jour sur le site de Nogent-sur-Seine.  L'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) a donné une aide de 1,6 million d'euros, sur les 4 millions que devait coûter la construction de cette chaudière à poussières.

Soufflet s'apprête à étendre son procédé à deux nouveaux sites français, et trois autres en Europe de l'Est, indique Luc Bouchard, directeur du développement durable au sein du Groupe Soufflet.

Le Groupe Soufflet a publié une vidéo présentant son procédé sur la plate-forme YouTube.