Lorsqu’un exploitant signe la charte élaborée par l’AAMF, il doit s’engager à respecter huit engagements. Il n’en faut pas moins pour « démontrer la qualité du travail et du professionnalisme des adhérents par une meilleure maîtrise du process », selon l’AAMF. L’association a même tenu à faire signer Stéphane Le Foll, présent ce mardi au ministère de l’Écologie pour l’assemblée générale de l’AAMF. Le ministre s’est volontiers exécuté et a paraphé le document après avoir répondu aux demandes émises par Alain Guillaume, le président de l’AAMF.

En effet, ce dernier a profité de l’occasion pour dresser un bilan mitigé devant le ministre. Car selon Alain Guillaume, si des efforts ont été consentis sur les tarifs, ceux-ci ne sont pas encore publiés. Il a aussi réitéré la demande de passage des contrats sur 20 ans, ainsi qu’une simplification des appels d’offres pour les puissances supérieures à 500 kW.

Ces revendications relevant des compétences du ministère de l’Écologie, le président de l’AAMF a donc poursuivi son discours devant Stéphane Le Foll avec des demandes ayant trait au ministère de l’Agriculture. Il a ainsi réclamé une mesure pour faciliter les plans d’épandage. La normalisation des digestats est aussi une de ses revendications. Ce à quoi Stéphane Le Foll a répondu qu’« une réunion doit avoir lieu dans les prochains jours pour présenter un résultat [sur un cahier des charges d’homologation des digestats] à l’automne ».

« On garde l’objectif des 1 000 méthaniseurs d’ici à 2020 » (Le Foll)

Enfin, l’AAMF a aussi évoqué des pistes pour le ministère de l’Économie. Pour l’association, des travaux seraient souhaitables sur le statut du méthaniseur pour qu’il soit rapproché de l’activité agricole. « La Banque publique d’investissement (BPI) pourrait aussi contribuer aux financements », a poursuivi Alain Guillaume. Il a évoqué enfin les contentieux liés à la fiscalité locale et à la simplification administrative.

« Des progrès ont été réalisés sur la fiscalité locale », a répondu le ministre de l’Agriculture. Éludant quelque peu les autres points, Stéphane Le Foll a surtout rappelé que l’objectif du plan EMAA était tenable. « On garde l’objectif des 1 000 méthaniseurs d’ici à 2020, il est important de rester mobilisés, [...] on est dans les temps, mais juste ». Et Stéphane Le Foll d’annoncer que, comparé aux 50 unités de mars 2013, date du lancement du plan EMAA, le pays compte aujourd’hui 236 méthaniseurs. L’optimisme du ministre était de mise.

Vincent Gobert