«L'éthanol brésilien n'a pas de compétiteur sérieux», a affirmé Hélène Morin, analyste chez Agritel, lors du colloque sur les matières premières organisé par l'Aftaa (Association française des techniciens de l'alimentation et des productions animales), le 4 décembre.

Avec des coûts de production estimés à 0,20 dollar par litre, le géant sud-américain laisse ses concurrents loin derrière. En Europe, il faut par exemple débourser 0,70 dollar pour produire un litre d'éthanol à base de blé ou de betterave. Cette performance est permise par l'utilisation de la canne à sucre et la valorisation de la bagasse pour alimenter les usines en énergie. Autre atout du Brésil: son engagement de longue date dans cette filière, qui remonte aux années 1970. Déjà, le programme Proalcool comportait des subventions, des obligations d'incorporation et des aides à l'investissement. «Les Brésiliens ont un train d'avance sur nous», a constaté Hélène Morin.

Seule ombre au tableau, le problème environnemental que pose le brûlage des champs de canne avant la récolte pour faciliter la coupe, très mauvais en terme d'émission de CO2. Le gouvernement souhaite y remédier en développant la mécanisation de la récolte et en encourageant les recherches pour éviter cette pratique. Des certificats pourraient être mis en place pour sanctionner la démarche.

L'éthanol n'est pas la seule filière du biocarburant où le Brésil est très ambitieux. «Le Brésil peut aussi devenir numéro un en biodiesel, et c'est bien leur intention», a affirmé Hélène Morin. L'objectif de production est de 700.000 tonnes en 2008 pour un taux d'incorporation de 2%. Ce taux est fixé à 5% pour 2013, soit entre 1,8 et 2,1 Mt (millions de tonnes). L'industrie brésilienne vise quant à elle une production annuelle de 2,2 Mt, avec la volonté d'en exporter un tiers.

G.O.