Qu'on se le dise : les agriculteurs s'intéressent à la biodiversité et s'investissent pour la sauvegarder et la valoriser ! Et le fait que la FNSEA communique à ce sujet au moment du débat parlementaire sur la loi d'avenir agricole, et à deux mois de celui sur la loi sur la biodiversité, ne doit rien au hasard.

Avec ses « partenaires du monde rural et de la nature », le syndicat majoritaire a présenté jeudi un recueil d'actions menées par le monde agricole en faveur de la biodiversité. Ce travail de capitalisation avait déjà été fait il y a deux ans : il rassemblait 14 partenaires, contre 45 aujourd'hui.

But affiché : valoriser le rôle de l'agriculture dans la préservation et la création de biodiversité, mieux connaître la biodiversité, mais aussi mieux former les agriculteurs, partager les savoir-faire et instaurer un dialogue entre les différents acteurs qui se partagent les territoires. « Nous sommes gestionnaires de la biodiversité domestique, animale et végétale », a rappelé Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, insistant sur la nécessité démontrer qu'« il est possible de concilier agriculture productive et biodiversité ».

Le but, cependant, n'est pas seulement de valoriser les pratiques des agriculteurs, mais aussi, dans une large mesure, d'améliorer celles-ci grâce à la progression des connaissances. Les projets et programmes en cours visent en effet à capitaliser des observations de terrain, des résultats de recherche, des expertises, et de faire bénéficier de ces connaissances à la fois l'agriculture et la biodiversité, les deux étant intimement liées.

« Nous revendiquons de plus en plus de pouvoir travailler en toute confiance avec la puissance publique et avec ceux qui se revendiquent protecteurs et garants de la biodiversité », a conclu Xavier Beulin, président de la FNSEA. Estimant que le monde agricole a « des connaissances et une expertise », il a souhaité que davantage de moyens soient donnés à la recherche et l'innovation. Mais « nous devons travailler pas seulement sur les connaissances, mais aussi sur les comportements », a-t-il précisé.

Le président de la FNSEA a également insisté sur la nécessité de travailler sur la consommation « excessive » de foncier, qui entraîne une pression sur la biodiversité en même temps que sur les terres agricoles. Enfin, il a plaidé pour que les cadres réglementaires – « nous ne sommes pas contre » – laissent des marges de flexibilité, voire de tolérance : « Les agriculteurs travaillent avec du vivant : il est impossible de prévoir précisément tout ce que l'on fera dans nos parcelles ni ce qui arrivera dans le troupeau, a-t-il rappelé. Tout ne dépend pas du bon vouloir de l'exploitant. »

Invité à la présentation du recueil, Bernard Chevassus-au-Louis, nommé par le gouvernement comme l'un des préfigurateurs de l'Agence de la biodiversité, a félicité l'ensemble des partenaires pour leur travail, se disant « persuadé que l'avenir de la biodiversité se joue et se jouera en grande partie dans les espaces agricoles ». Mais la réciproque est vraie : « L'avenir de l'agriculture (sur le plan économique, mais aussi social) se joue dans la manière dont elle prendra en compte la biodiversité », a-t-il affirmé.

B.L.