Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a diffusé, vendredi, un avis sur la biodiversité, présenté en séance plénière les 29 et 30 juin 2011. Il formule un grand nombre de recommandations dont une douzaine directement adressées à l'agriculture.

La biodiversité des écosystèmes, des espèces et des gènes « a subi des atteintes dont le rythme n'a fait que s'accélérer ». La protéger « répond donc à une urgence écologique, économique et sociale », fait valoir le CESE, qui invite « l'humanité dans son ensemble, et chaque pays isolément (à) se montrer à la hauteur de cet enjeu sociétal, en reconsidérant ses rapports avec le vivant et en promouvant un autre développement économique et social ».

La dixième recommandation du rapport – « Accroître la mobilisation des acteurs économiques » – fait une large place à l'agriculture. « La prise de conscience de la nécessité de mieux préserver l'environnement dans l'acte de production agricole et des pratiques agronomiques plus respectueuses de la biodiversité se développe ; ces pratiques doivent encore s'amplifier et se diffuser dans l'ensemble du secteur agricole ».

Pour ce faire, le CESE recommande :

• qu'une meilleure prise en compte de la biodiversité ne se limite par à la réglementation mais « envisage aussi toutes les voies incitatives » ;

• de lutter contre l'artificialisation des sols ; 

• de soutenir les systèmes agroforestiers ;

• d'accentuer l'évaluation économique des services rendus par la biodiversité ;

• de communiquer en direction des agriculteurs sur les bénéfices économiques et écologiques liés à la biodiversité sauvage et domestique sur leurs exploitations et dans leurs territoires ;

• que les agriculteurs valorisent mieux les actions qu'ils conduisent déjà en faveur de la biodiversité ;

• que les agriculteurs engagent des actions en faveur de la biodiversité des sols ou domestique (« notamment les semences ») et de la préservation des espèces messicoles (qui s'épanouissent dans les moissons) ;

• que les organisations agricoles contribuent à la définition d'indicateurs d'évaluation et de suivi de la biodiversité ;

• de développer des outils d'autodiagnostic de la biodiversité sur les exploitations ;

• que les agriculteurs deviennent des « acteurs » des mécanismes de compensation environnementale ;

• que la biodiversité domestique, végétale et animale, soit préservée ;

• que l'acquisition de connaissances sur la biodiversité des microorganismes du sol soit « traitée comme une urgence réelle » ;

• d'établir des règles de gouvernance communes aux différentes banques de semences, collections et réservoirs de biodiversité.

Cet avis, présenté par Marc Blanc (CFDT), au nom de la commission de l'environnement du CESE, a été adopté à une très large majorité de voix, en dépit de l'abstention quasi générale du groupe de l'agriculture.

Ce dernier s'en explique : « Nous aurions été heureux de pouvoir montrer, de manière concrète, les liens étroits qui unissent l'agriculture et la biodiversité. Nous regrettons beaucoup que les conditions de travail et les délais (de préparation du rapport, NDLR) ne nous aient pas donné la possibilité d'aller jusqu'au bout. »

Téléchargez le rapport du CESE « La biodiversité : relever le défi sociétal ».

B.Co.