Avril a annoncé mercredi la réduction temporaire de ses activités d’estérification en France « afin de faire face à une situation économique défavorable tout en préservant l’emploi ».

Le projet prévoit la mise en œuvre, à compter du mois d’août et pour le reste de l’année 2016, d’une réduction des activités d’estérification de Saipol, filiale du groupe Avril. Le projet concernerait, « dans des conditions adaptées à chacune d’entre elles », les cinq usines d’estérification de Saipol en France : Bassens (Gironde), Grand-Couronne (Seine-Maritime), Le Mériot (Aube), Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique) et Sète (Hérault).

« Cette réduction résulte d’éléments conjoncturels, notamment d’une baisse importante des commandes, les projections de ventes de Saipol au début d’avril 2016 s’élevant à 928 000 tonnes, contre 1,5 million de tonnes en 2015 à la même période », chiffre le groupe, qui estime ainsi « nécessaire l’adaptation immédiate de la production à la baisse des commandes afin de préserver la compétitivité et l’avenir des activités de trituration, d’estérification et de vente de biodiesel issu de la filière agricole. »

Surcapacité du marché européen du biodiesel

Selon Avril, les conditions économiques et réglementaires du marché s’érodent « sous l’effet de la surcapacité du marché européen du biodiesel, excédentaire dans un contexte de baisse du prix du gazole et du taux de change euro/dollar, lequel favorise le recours à l’importation par les pétroliers européens d’esters bénéficiant du dispositif de double comptage ».

Cette situation provient aussi du développement sur le marché européen des huiles végétales hydrotraitées (HVO) pour la production de biodiesel, favorisé par le développement des importations à moindre coût d’huile de palme. Autre cause pointée du doigt par Avril : « La traduction hétérogène par les États membres du cadre réglementaire européen relatif à l’application des directives touchant au développement des énergies renouvelables en général et des biocarburants en particulier, et le recul de la compétitivité de la graine métropolitaine et européenne, dans un contexte de baisse des récoltes de colza au sein de l’UE. »

Le groupe entend toutefois « pérenniser le débouché biodiesel pour les productions oléagineuses françaises ».

I.E.