La Coordination rurale (CR) se montre très critique sur les filières des biocarburants industriels, éthanol et Diester, estimant qu'« avec la normalisation des cours des céréales », celles-ci enregistrent de « lourds déboires financiers ».

« Diester Industrie regrette la hausse du prix des graines oléagineuses et de l'huile, ce qui est un comble pour une structure soi-disant au service des producteurs, créée avec leur argent par des ''responsables professionnels'' », déclare la CR.

Les producteurs de colza et de tournesol « devront être particulièrement attentifs aux conditions d'achat des contrats à venir car le « modèle original (de Sofiproteol, NDLR) permet à Diester Industrie de capter la marchandise en deçà du prix du marché ! ».

Chez les éthanoliers, « ce n'est pas mieux ». Aujourd'hui, « avec un cours du blé tendre, à 274 € la tonne, rendu Rouen, nos pétroliers verts valorisent le blé à seulement 50 % de son prix et à moins encore si on excluait la défiscalisation », explique la Coordination rurale.

« En attendant que ces investissements hasardeux et dispendieux soient coûteusement transformés pour d'autres débouchés (on parle de réorienter les distilleries en amidonneries), il faudra une grande compétence pédagogique aux responsables de ces fiascos pour expliquer que c'est grâce aux 3,8 % de la récolte française de blé tendre, bradée à vil prix pour le bioéthanol que les prix des céréales ont augmenté sur le marché mondial... », poursuit le syndicat.

La CR et l'OPG (Organisation des producteurs de grains, branche de la CR) « ne peuvent que constater que leurs craintes exprimées publiquement en septembre 2008 étaient totalement justifiées ».