Un sondage de l'Ifop pour le WWF et une marque bio, Vrai, confirme le développement de la consommation de produits bio « engagée depuis le début des années 2000 ». Cela dit, les personnes interrogées reconnaissent l'effet de mode. Et la récente crise dite des concombres et des graines germées bio a porté un sérieux coup à la notoriété des produits bio.

D'après ce sondage, réalisé du 15 au 17 juin, au beau milieu de l'épidémie d'E. coli qui a incriminé d'abord des concombres bio espagnols, puis finalement des graines germées cultivées dans une ferme bio allemande, 47 % des Français déclarent acheter souvent (11 %) ou de temps en temps (36 %) des aliments bio. C'est 6 points de plus qu'en 2008, et même 14 points de plus qu'en octobre 2000, indique l'Ifop.

A l'opposé, 20 % des interviewés n'en achètent jamais (-2 % par rapport à 2008, -24 % par rapport à 2000).

Les déclarations d'achat sont révélatrices de comportements socioprofessionnels marqués. Ce sont plutôt des femmes qui achètent bio (50 % contre 43 % des hommes), avec les professions libérales et les cadres supérieurs (58 % contre 30 % des ouvriers). Les habitants de la Région parisienne (53 %) consomment plus de bio que ceux des communes rurales (45 %).

Un Français sur deux (50 %) n'accorde pas sa confiance à l'appellation « bio » sur les produits alimentaires, 13 % n'ayant même pas du tout confiance. Le niveau de confiance recule de 20 points par rapport à février 2008. Notons, sans préjuger des effets, que l'enquête a été réalisée au beau milieu d'une crise épidémique liéé à E. coli, sans précédent en Europe, qui a mis en cause à tour de rôle des concombres bio espagnols (lavés de tout soupçon) et des graines germées bio produites en Allemagne, jetant le trouble sur toute la filière légumière (et pas seulement les légumes bio).

La confiance s'est le plus dégradée chez les personnes ne consommant jamais ou rarement de produits « bio » : 84 % des personnes interrogées dans la première catégorie et 63 % dans la deuxième sont sceptiques vis-à-vis du bio alimentaire, avec une chute de près de 30 % de leur confiance depuis 2008.

Par ailleurs, 93 % des personnes interrogées continuent d'estimer que les produits « bio » sont trop chers (-1 point par rapport à 2008) et 81 % que l'on manque d'informations claires et précises sur les avantages et les inconvénients des produits.

Une part importante des Français, « près d'un sur deux », indique l'Ifop, considère en premier lieu que « consommer bio » est avant tout un phénomène de mode (44 %) avant d'être un moyen de préserver sa santé (25 %) ou l'environnement (19 %).

« Néanmoins, en considérant le total des citations, le premier argument est la préservation de l'environnement, cité au global par 58 % des personnes interrogées, devançant ainsi le phénomène de mode (52 %) et la préservation de sa propre santé (50 %) », précise l'Ifop.

La préservation du « goût authentique des aliments », cité au total par 40 % des sondés, n'est citée en première intention que dans 12 % des cas.

Du côté de la production, 59 % des personnes interrogées estiment que les agriculteurs français produisent moins de produits « bio » que les Français n'en consomment.

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B.V.