Dans son livre intitulé « Bio, fausses promesses, vrai marketing », aux éditions Publieur, le journaliste Gil Rivière-Wekstein explique qu'il ne croit pas aux vertus de l'agriculture biologique. Pour l'auteur, le bio vit sur une image idéalisée et « des idées reçues ».

« Il y a un vrai scandale aujourd'hui concernant l'alimentation : on fait croire aux Français que ce qu'il y a dans leur assiette est dangereux pour la santé. En conséquence, ils ont tendance à prendre des produits bio, pensant que c'est meilleur pour la santé. C'est faux », affirme-t-il, dans une interview à La France Agricole.

L'évolution de l'espérance de vie montre que « l'agriculture n'est pas du tout source de tous les problèmes dont on l'accable aujourd'hui », estime-t-il.

« Non seulement l'agriculture conventionnelle fait d'excellents produits, mais l'agriculture biologique ne produit pas des denrées qui sont de meilleure qualité sanitaire. C'est une fausse promesse et malheureusement ce n'est pas la seule », poursuit-il.

Pour Gil Rivière-Wekstein, l'agriculture biologique n'est pas meilleure pour l'environnement. Elle « utilise des pesticides, notamment du cuivre. C'est un produit très nocif pour l'environnement, les sols en particulier ».

Troisièmement, « ce serait un acte citoyen d'acheter des produits bio, parce que on aiderait le petit agriculteur perdu au fin fond de l'Aveyron. C'est absolument faux. De très nombreux produits proviennent de partout dans le monde », ajoute le journaliste.

« Pour moi, le bio a une véritable place à côté de l'agriculture conventionnelle » pour des produits de qualité gustative et des produits « originaux » que l'on ne trouve pas dans la grande distribution, « c'est le vrai créneau du bio », conclut Gil Rivière-Wekstein.

Si dans son livre, l'auteur reconnaît que les produits bio ont certaines vertus (de qualité, original, voire exceptionnel), on peut regretter le ton agressif dans sa critique du bio.

Il est étonnant qu'il réfute, sans réelle démonstration, l'atout majeur du mode de production bio, reconnu par les pouvoirs publics, qui le place comme le plus respectueux de l'environnement.

C'est d'ailleurs le seul argument mesuré de l'intérêt du bio, les autres critères comme le goût ou l'effet sur la santé étant plus compliqués à prouver.

Pourtant, en refermant le livre, le lecteur a l'impression que l'ensemble de la filière bio utilise autant de pesticides toxiques que la filière conventionnelle... Le livre créera certainement la polémique, qui ne devrait pas aider le consommateur...

S.B.