L'inter-AFOCG (1) a organisé ses rencontres nationales « Cultivons ensemble le bien-être des agriculteurs » dans la Mayenne les 23 et 24 octobre. Savoir dire ce qui se passe sur chaque exploitation participe à ce bien-être.

Des témoignages et visites d'exploitation ressortait un axe fort : savoir dire ce qui se passe sur chaque exploitation participe à ce bien-être. Un berger a interrompu son installation parce que le cédant ne lui avait pas dit que, finalement, il voulait rester vivre dans la maison de l'exploitation. Un employeur expliquait comment il a pu analyser la dégradation de ses relations avec son salarié suite à une formation. Un autre soulignait combien les questions de son groupe de formation sur les situations délicates dans les exploitations lui ont permis de rebondir après une série d'impayés. Enfin, un éleveur laitier montrait comment, après une formation « Trouver un équilibre entre temps de travail et niveau de revenu », il avait choisi d'abandonner certaines tâches pour disposer de temps pour ses enfants. Dire, apprendre à dire, savoir dire devient capital pour le bien-être dans le métier d'agriculteur. Les AFOCG proposent de plus en plus de formations novatrices sur les relations humaines autour de ces thèmes. 

Francois-Régis Lenoir, psychologue et éleveur dans les Ardennes, ponctuait les témoignages. Et insistait : « Apprendre à travailler ensemble devient capital dans tous les groupes d'agriculteurs (Gaec, Cuma, groupement d'employeurs). Notre travail d'agriculteur peut mettre en danger notre système de vie. Le « tout professionnel », au détriment de la sphère familiale, personnelle et sociale, fragilise. Face au stress, soit on a une stratégie d'évitement, de fuite, de surtravail, de reproduction des habitudes. Soit on repense la situation et on positive, on recherche du soutien, on résoud les problèmes un à un, on est combatif », concluait-il en précisant : l'habitude est un leurre.

(1) 17 AFOCG (Associations de formation collective à la gestion) adhèrent à l'inter-AFOCG. Cette association répond aux demandes des AFOCG adhérentes et favorise la mutualisation des expériences et des informations des adhérents. Pour ces associations, les échanges entre pairs sont essentiels, accompagnés par des formateurs qui donnent les outils. Mais au final, ce sont les agriculteurs qui choisissent et décident. 50 animateurs assurent sur le terrain le bon déroulement des formations.

Marie-Gabrielle Miossec