En septembre 2020, la sucrerie de Toury (Eure-et-Loir), fondé en 1874 et appartenant à Cristal Union, fermera définitivement ses portes. Pierre Ducret, directeur de l’établissement, a expliqué à l’AFP qu’il s’agissait d’une « fermeture économique qui est la conséquence de l’effondrement des cours du sucre qui s’est produit en 2017, effondrement sur le marché mondial qui a coïncidé avec la fin des quotas sucriers sur le marché européen. Les licenciements vont s’échelonner au cours de l’année 2020 ». Il a ainsi confirmé une information de France 3 Val de Loire.

En juin dernier, le groupe Cristal Union, deuxième sucrier français, avait annoncé en juin une perte de 99 millions d’euros, la première de son histoire.

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Fermeture faute de repreneur

Le lundi 30 décembre 2019, date de la fin du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) de l’usine lancé en avril dernier, un comité social et économique (CSE) s’est tenu sur le site de l’usine sucrière. Le lendemain, réagissant dans le quotidien local L’Écho Républicain, Frédéric Rebyffé, délégué pour la CGT de la sucrerie de Toury, a précisé qu’il y avait de la « colère, même si les salariés sont enfin fixés sur leur sort, un reclassement ou un licenciement ».

Un communiqué de la Fédération nationale agroalimentaire et forestière (Fnaf)-CGT sucrerie de Toury ajoute que « le groupe Cristal Union a notifié aux représentants du personnel l’absence de repreneur qui entraînera la fermeture définitive du site ».

« Il y a eu une recherche de repreneurs et des entreprises ont été démarchées mais aucune n’a souhaité formuler une offre de reprise pour l’établissement », a regretté M. Ducret.

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Un allongement de la campagne pour les planteurs

Les planteurs de betteraves de la région qui sont coopérateurs de l’usine enverront désormais leurs productions dans les sucreries de Pithiviers et de Corbeilles en Gâtinais. Si cette fermeture ne remet pas en cause leur activité, Alexandre Pelé, vice-président de la CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves) au niveau national et président de la CGB régionale dans le Loiret, le Loir-et-Cher et l’Eure-et-Loir, souligne qu’ils « regrettent la fermeture du site industriel le plus compétitif et productif de la région ».

Il s’inquiète tout de même de l’allongement de la campagne dans les années à venir. « Nous allons passer de 80 jours sur trois usines à 120 jours dans deux usines. »

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Fin de l’activité de distillerie à la fin du premier semestre

Ces inquiétudes ne font cependant pas partie des préoccupations majeures des producteurs de la région : « Les planteurs sont surtout inquiets des cours mondiaux peu élevés et des prix non rémunérateurs », tempère Alexandre Pelé.

Le président s’interroge toutefois également sur la fin de l’activité de distillerie de la sucrerie, qui permettait la production d’engrais en local, ils seront désormais produits dans d’autres usines du groupe Cristal Union.

L’activité de distillerie doit se poursuivre au cours du premier semestre de 2020 tandis que l’activité d’expédition des produits de sucre et d’alcool doit perdurer jusqu’en septembre, date de la fin de l’activité du site, d’après la même source.

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Marie-Astrid Batut, avec l’AFP