Un groupe se revendiquant des Anonymous a piraté dans la nuit de samedi à dimanche des sites internet du département du Tarn, afin de contester le projet public de barrage de Sivens et exiger l'arrêt du déboisement sur le site.

Les sites internet des musées du Tarn, des archives ou encore celui des « zones humides » du département ont ainsi été piratés, a constaté l'AFP. En revanche, le site du conseil général du Tarn, qui porte ce projet, fonctionnait normalement dimanche matin.

Un personnage portant le masque des Anonymous et se revendiquant de cette communauté d'« hacktivistes » apparaît dans une vidéo postée sur les sites. Le texte lu en voix off reprend, point par point, l'argumentaire des opposants au barrage : « Nous espérons encore pouvoir arrêter ce projet inutile et coûteux » [...] « destiné à 70 % à l'irrigation d'une vingtaine de fermes conventionnelles », dit-il.

La vidéo rappelle que des groupes d'opposants au projet de barrage ont refusé de rencontrer les experts mandatés par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal pour évaluer la qualité du projet controversé. « Il n'y aura jamais de discussions tant que les forces policières et de déboisement seront déployées sur la zone », prévient le commentaire, qui affirme que les forces de l'ordre usent de « violence » quand les représentants des médias sont absents.

Un appel à un rassemblement de « milliers d'opposants » sur la zone est lancé. Mais la vidéo se conclut par cet avertissement : « Si personne ne vient pour aider, il ne faudra pas s'étonner de voir les quelques résistants user de la violence en dernier recours. »

Le quotidien La Dépêche du Midi a expliqué sur son site avoir reçu un courriel de revendication de cette action, qui évoquait « la violence policière » et « l'incompétence des décideurs ». Selon le journal, les « haktivistes » auraient piraté une trentaine de sites. Pratiquement tous sont des sites web secondaires de l'adresse « tarn.fr », selon le quotidien.

A Lisle-sur-Tarn, près de Gaillac, le déboisement avait débuté le 1er septembre sur le site de la future retenue, dans la forêt de Sivens. Mais il a donné lieu, depuis, à des heurts sporadiques entre forces de l'ordre et opposants, résolus à empêcher la destruction de la zone humide du Testet, un réservoir de biodiversité de 13 hectares qui abritait des dizaines d'espèces d'animaux protégés.

Le projet de barrage-réservoir de 1,5 million de mètres cubes d'eau stockée vise à soutenir l'étiage du Tescou, un petit affluent du Tarn, et à sécuriser l'approvisionnement en eau de fermes avoisinantes.

Les opposants contestent, quant à eux, le « coût environnemental et financier très élevé » du projet (8,4 millions d'euros) et dénoncent, sur le fond, un modèle d'agriculture irriguée dépassé.