Les échanges étaient prolixes, jeudi 10 octobre 2019, à la commission des finances. En cause, la proposition portée par LREM de régionalisation des chambres d’agriculture et la baisse sèche de budget de 45 millions d’euros.

Une majorité divisée

Pour beaucoup, la proposition serait « un mauvais signal politique » envoyé au monde agricole « à qui l’on demande beaucoup [et qui est] en souffrance » explique Véronique Louwagie (LR), en rappelant les manifestations du début de la semaine.

La proposition portée par la majorité n’a pas fait consensus, même au sein des députés de LREM comme Christophe Jerretie, qui dénonce le manque de cohérence du gouvernement qui « supprime des recettes là où on demande des efforts ». La critique est également faite autour de la méthode employée par le gouvernement. « On devrait établir une stratégie avec les chambres d’agriculture », propose Lise Magnier (UDI). « Le gouvernement s’est trompé sur la temporalité au moment où l’agriculture est en détresse », déplore Christophe Jerretie (LREM). Il faudrait « se laisser du temps pour réfléchir et mieux accompagner et rationaliser », propose Jean-Paul Mattei (Modem). Même son pour le député de LREM Jean Baptiste Moreau, qui a fait remarquer que ce n’était « absolument pas le moment » pour prendre une telle décision qui affecterait le monde rural. Au-delà des emplois sacrifiés, c’est aussi la mise à mal de la proximité des chambres vers le monde agricole qui est pointé du doigt par Fabien di Filippo (LR). « La majorité a un problème avec les corps intermédiaires », déclare le député Fabrice Brun (LR).

Un consensus au terme de nombreux échanges

Au terme de ces échanges, c’est finalement la proposition d’amendement du député Fabrice Brun (LR) qui a fait consensus. Celui-ci ne prévoit aucune coupe budgétaire pour les chambres d’Agriculture, la régionalisation est elle aussi écartée.

Jean-Baptiste Moreau a promis : « On réattaquera la bataille dans l’Hémicycle, c’est inadmissible dans les conditions actuelles de réduire le budget actuel. » En effet, la première partie du projet de loi de finances sera examinée en séance publique à l’Assemblée dès le 14 octobre.

Alessandra Gambarini