Ce n’est pas une légende : l’élection présidentielle française marque dans de nombreux secteurs dépendants de politiques publiques une inquiétude sur l’avenir. Les agroéquipements n’y coupent pas. Axema publie ainsi ce vendredi 19 mai un communiqué pour rappeler les enjeux de cette industrie, un peu à part dans le paysage des outils de productions.

La filière avait aussi débuté un travail pour mettre en place un comité stratégique juste avant cette élection. « Il faut aujourd’hui tout recomposer, apprend-on chez Axema. Il est encore trop tôt pour en parler précisément. L’idée sera de rentamer ce processus de création de comité stratégique et de largement rassembler. »

Flottement politique

« Souvent concentrés sur l’agriculture, les pouvoirs publics en oublient que l’agroéquipement est un secteur fort du rayonnement de la France à l’International », écrit dans le communiqué Frédéric Martin, jeune promu à la tête d’Axema. La filière s’inquiète ainsi des priorités budgétaires dans un contexte « d’entre-deux élections » incertain.

Le dispositif Macron sera-t-il prolongé ou réinventé ? Le comité stratégique voulu par Axema verra-t-il le jour ? Une statistique rassure cependant l’union. L’indicateur européen du Cema (1) remonte la pente depuis septembre 2016. Une dynamique qui pour Axema est encore fragile et qu’il ne faudrait pas casser. « Il faudra attendre le deuxième semestre pour constater une amélioration par rapport à 2016 », livre encore le communiqué.

Enquête mensuelle réalisée par le Cema auprès de 130 dirigeants d’entreprises spécialisées dans la construction et l’importation de machines agricoles en Europe. © Axema

Deux années difficiles

Comme nous le rapportions en avril, le marché français des agroéquipements s’est élevé à 5 milliards d’euros en 2016, en baisse de 8 % par rapport à 2015 et de 23 % par rapport à 2013, la plus forte année en termes de chiffre d’affaires en France. Axema tablait alors pour une légère reprise à 5,2 milliards d’euros pour 2017.

Toutefois comme en 2016, mais certainement dans une moindre mesure, la météo devrait jouer les trouble-fêtes. S’il est encore difficile d’estimer précisément les dégâts du gel printanier sur les prochains rendements, notamment pour les grandes cultures, il y a fort à parier que, sans coup de pouce, la filière des agroéquipements aura une épreuve de plus à endurer.

Vincent Gobert

(1) Comité européen des constructeurs de machines agricoles.