Le 10 septembre a encore été une journée d'action pour les éleveurs aveyronnais. Quinze d'entre eux se sont d'abord rendus au Super U de Saint-Affrique, où une promotion « super prix » proposait, sur commande, une « cuisse de boeuf entière découpée de race à viande d'origine France à 4,99 €/kg ». Une vraie provocation pour ces agriculteurs qui sont allés demander des comptes au magasin. Arrivés sur place, la publicité avait été enlevée.

« On nous a expliqué que cela correspondait à une « promotion d'ouverture en retard », l'inauguration du magasin ayant eu lieu au printemps, explique Christian Verlaguet, responsable local de la section bovin viande de la FDSEA. On nous a aussi dit que quatre cuisses seulement avaient été achetées et que la promotion était terminée, ce qui nous étonne puisqu'elle devait avoir lieu jusqu‘au 18 septembre. Enfin, impossible de voir les fiches de traçabilité, ni de connaître le classement et l'âge des bêtes. »

Le gérant du magasin a indiqué que son chef boucher avait acheté ces cuisses de boeuf en direct à Bigard, 3,60 €/kg au lieu de 3,80 €/kg, et que le magasin avait appliqué 1,4 % de marge. Les éleveurs, qui ont rétorqué que la carcasse était cotée 3,77 €/kg et que la cuisse devait donc être bien plus chère, comptent questionner le magasin, tant qu'ils n'auront pas de réponse sur la traçabilité de la viande.

Rencontre avec Lactalis sur le prix du lait

A Rodez, ce sont six éleveurs de bovins lait qui ont rencontré Davy Hetch, responsable production de Lactalis sur le Sud-Ouest. « Il nous a expliqué qu'il tenait compte de ce qui avait été décidé lors de la table ronde du 24 juillet avec le ministre, en ce qui concerne les premiers prix des marques distributeurs, mais que, pour lui, aucune décision n'avait été prise concernant les marques nationales, détaille Michaël Chavatte, président de la section bovins lait de la FDSEA. En revanche, le point positif est qu'il veut intégrer le prix des produits vendus sur le marché intérieur pour calculer le prix payé aux producteurs. Et non plus seulement le prix des produits exportés, de la poudre et du beurre qui est très bas. Ce sera discuté à la prochaine table ronde, fin septembre. »

Les éleveurs, payés 300 €/1 000 l sur les six premiers mois de l'année, soit 18 % de moins qu'en 2014, demandent 340 €/1 000 l d'août à décembre, afin de rattraper le manque à gagner.

Florence Jacquemoud