L'agriculture australienne, industrie laitière et élevage en tête, est la grande gagnante de l'accord de libre-échange signé lundi entre Pékin et Canberra. Une aubaine pour le pays-continent qui essaie de développer ce secteur après la fin de l'âge d'or minier.

En 2013, l'Australie a envoyé près d'un tiers de ses exportations en Chine, pour un montant de 101 milliards de dollars australiens (70 milliards d'euros). Il s'agissait principalement de fer et de charbon.

Mais les exportations de produits agricoles vers le géant asiatique, déjà en augmentation, vont désormais prendre de l'importance avec l'accord signé entre les deux pays, après neuf ans de négociation.

L'industrie laitière n'a pas été déçue

L'industrie laitière, qui attendait beaucoup, n'a pas été déçue. Les taxes à l'importation chinoises, qui pouvaient atteindre 20 %, seront toutes supprimées d'ici à 11 ans. Les droits de douane sur le lait infantile disparaîtront d'ici à 4 ans.

The Australian Dairy Industry, qui représente la filière laitière, a applaudi l'accord, qui lui ouvre grand les portes du « plus grand importateur de lait mondial ». « Il va permettre à l'industrie de se développer [...] et d'augmenter sa compétitivité », se félicite l'association patronale. Des facilités bienvenues pour une filière qui a connu une décennie difficile, marquée par une légère baisse de la production.

« Il nous met au même niveau que des concurrents comme la Nouvelle-Zélande », qui avait signé dès 2008 un accord de libre-échange avec Pékin, relève-t-elle.

L'Australie est le quatrième fournisseur de produits laitiers à la Chine, après la Nouvelle-Zélande, l'Union européenne et l'Amérique du Nord. La Chine a doublé le Japon au début de 2014 et est devenue le premier importateur de lait australien.

La demande de la Chine pour les produits laitiers étrangers, jugés plus sûrs, semble intarissable. Elle s'est accrue depuis 2008 et la crise du lait à la mélamine. Quelque 300.000 nourrissons chinois avaient été affectés et six d'entre eux avaient été tués.

Forte hausse des exportations de boeuf

L'accord de libre-échange devrait également entraîner une forte hausse des exportations de boeuf vers la Chine. Celles-ci ont déjà explosé : elles ont rapporté 722 millions de dollars australiens (507 millions d'euros) en 2013, contre 12 millions (8 millions d'euros) dix ans plus tôt.

Les taxes, qui étaient entre 12 et 25 %, seront supprimées d'ici à neuf ans. Celles sur le bétail sur pied qui étaient fixées à 10 %, disparaîtront dans quatre ans.

La suppression de ces taxes rapportera au total 11 milliards de dollars (7,7 milliards d'euros), anticipe le Meat and Livestock Australia, qui représente la filière bovine.

Fin des taxes sur le vin

Les producteurs de vin eux aussi peuvent se réjouir. Dans quatre ans, les importations de vin australien ne seront plus taxées, alors qu'elles l'étaient jusqu'ici entre 14 et 20 %. La Chine est le troisième marché d'exportation pour les vins australiens, mais c'est celui qui progresse le plus rapidement.

Les Chinois consomment principalement des vins français, les australiens arrivant en deuxième position.

Les taxes sur les fruits et légumes, sur la laine et sur le poisson vont également disparaître.

Quelques secteurs ont cependant été laissés de côté, comme le sucre, le riz, le coton, le blé. Mais le gouvernement australien promet de revenir à la table des négociations dans trois ans.

Prochain cap, l'Inde ?

Cet accord intervient alors que l'Australie veut développer des relais de croissance.

L'Australie, dont le sol regorge de fer et charbon, est dans sa 24e année de croissance ininterrompue, mais la baisse du prix des matières premières ralentit son économie. L'agriculture, relativement délaissée pendant l'âge d'or minier, fait désormais partie des priorités.

« Si nous pouvons pallier les conséquences » du retournement de situation du secteur minier « en exportant nos produits laitiers, notre boeuf, nos vins, nos produits horticoles et notre poisson, alors, c'est un bon résultat », a déclaré lundi le ministre de l'Agriculture Barnaby Joyce.

A peine 24 heures après la signature de l'accord avec la Chine, l'Inde et l'Australie ont fait part mardi de leur volonté de développer leurs relations économiques, notamment dans l'agriculture.