L'agence d'évaluation financière Standard and Poor's (S&P) a abaissé d'un cran la note de l'assureur mutualiste Groupama, de « BBB » à « BBB- », tout en la maintenant sous surveillance négative, selon un communiqué publié jeudi.

L'agence a pris cette décision malgré l'annonce, mardi, d'un rapprochement entre la foncière Silic, contrôlée à 44 % par Groupama, et Icade, foncière de la Caisse des dépôts (CDC), assortie de l'injection de 300 millions d'euros dans le courtier Gan Eurocourtage, filiale de Groupama.

Cet accord doit permettre à Groupama de renforcer sa marge de solvabilité (niveau de fonds propres par rapport au niveau minimal requis par le régulateur), sous pression depuis l'été, grâce à l'apport financier à Gan Eurocourtage et à la réalisation de plus-values sur la participation dans Silic.

Même en prenant en compte cette opération, « le niveau de solvabilité réglementaire et de fonds propres de Groupama demeurent faibles, selon nous, et continuent de l'exposer à des événements défavorables, en particulier au cas où les marchés se détérioreraient de nouveau », explique S&P. Le maintien sous surveillance négative laisse planer la menace d'un nouvel abaissement, qui ferait basculer Groupama dans la catégorie dite spéculative, qu'évitent certains investisseurs.

« La trajectoire du groupe reste inchangée », a indiqué la direction dans un message transmis en interne, selon une source proche du dossier, tout en regrettant que l'annonce de S&P intervienne malgré le rapprochement programmé avec Icade et la CDC.

« Nous avons d'ores et déjà pris des mesures qui nous permettent de passer la fin de l'année », a-t-on ajouté de même source, en référence à l'annonce de mardi. « Le groupe peut poursuivre sereinement en 2012 les chantiers qui renforceront durablement sa marge de solvabilité et ajuster son périmètre dans des délais et conditions appropriées avec pour objectif un ratio autour de 140-150 % sur la période », selon le message transmis jeudi. La marge de solvabilité était tombée à 130 % à la fin de juin, et à 117 % en ne considérant que les seuls fonds propres « durs » (hors plus-values latentes).

Dans l'immédiat, la direction a dénoncé, toujours en interne, « une différence totalement injustifiée et incompréhensible entre [sa] notation et celles des autres grands assureurs européens au regard des marges de solvabilité respectives ».

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