A partir du 15 juin 2015, Pacifica commercialisera son nouveau contrat d'assurance des prairies, élaboré en partenariat avec Airbus Defence and Space. « Après trois ans de tests grandeur nature avec 300 éleveurs, nous avons mis au point un indice de suivi de la production d'herbe qui mesure la variation de la production fourragère par rapport à un historique de production », s'est réjoui, lundi devant la presse, Thierry Langreney, directeur général de Pacifica (1), qui table sur 1.000 contrats signés d'ici à la fin de l'année.

Couverture de la baisse de production

Pour la campagne de 2016, à raison d'un coût net de 10 €/ha de prairie, l'éleveur pourra couvrir sa production de fourrage de l'année par rapport à son historique de production. L'indemnisation en cas de perte doit permettre l'achat d'aliments de substitution. Ces chiffres sont des moyennes données par Pacifica, pour un capital assuré de 800 €/ha, une franchise de 25 %, un risque « moyen » et une subvention publique de 65 % comme pour les actuels contrats d'assurance récolte.

Sur le terrain, les tarifs seront ajustées selon le capital assuré (de 600 à 1.000 €/ha), la franchise choisie (de 10 à 50 %) et le niveau de risque dans la zone géographique. Attention, le contrat couvre une baisse de production, et non pas un tonnage. L'éleveur devra assurer l'ensemble des prairies de son exploitation pour la production d'herbe entre le 1er février et le 31 octobre. Cette assurance prairie de Pacifica s'ajoutera aux contrats socles d'assurance récolte multirisques climatiques prévus pour la campagne de 2016.

Mesure à l'échelle de la commune

L'industriel Airbus utilise ses images satellitaires pour enregistrer un indice de production fourragère (IPF) pour Pacifica. Tous les dix jours, une mesure de la pousse de l'herbe est faite à l'échelle de chaque commune française.

Carte des communes où les taux de pertes de production fourragère en 2003, 2010 et 2011 ont été supérieurs à 20 % par rapport à l'historique (en rouge). Source : Pacifica.

Cet indice de production moyenne à l'échelle de la commune serait suffisamment fiable, a expliqué l'assureur, qui a confronté ces indices aux observations de terrain. La moyenne communale a l'intérêt de gommer les effets individuels de surfauche ou de surpâturage, argumente l'assureur. « Notre défi est de créer la confiance, de montrer que nos modélisations collent à la réalité », a renchéri Jean-Michel Geeraert, directeur du marché agricole de Pacifica, qui espère souscrire 1.000 contrats pour 2016.

Jusqu'ici, les pertes de récolte fourragère étaient prises en charge par le Fonds national de garantie des calamités agricoles (FNGCA) qui indemnisait à hauteur de 28 % des pertes, pour des pertes globales sur l'exploitation de 13 % et des pertes de production de fourrages de 30 %.

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(1) Pacifica est la filiale d'assurances dommages de Crédit Agricole Assurances.

Sophie Bergot