Symboliquement, une quinzaine de représentants de la Coordination rurale (CR) étaient réunis ce mercredi 13 novembre 2019 devant la mairie de Langouët. « Le 25 septembre, nous avons fait des prélèvements à l’exutoire de la station avant le rejet dans le ruisseau La Flume sous contrôle d’huissier. Les flacons ont été analysés par un laboratoire à Nantes », a expliqué Jean Pierre Couëtil, président de la CR de la Bretagne.

25 fois la norme en phosphore

Résultats : on y trouve de l’azote, du phosphore (provenant des lessives notamment), du bisphénol A (récipients à usages alimentaires…), de l’acétone (matières plastiques…) et même du glyphosate et de l’Ampa.

« Le résultat en phosphore est le plus criant avec 5,10 mg/l (norme : 0,2 mg/l), soit une teneur plus de 25 fois supérieure à cette norme. C’est le premier responsable des algues vertes. Il y a un défaut de traitement évident », a-t-il poursuivi. « D’où vient ce glyphosate s’agissant d’eaux provenant des assainissements de la commune et non pas d’eaux pluviales ? s’interroge-t-il. On peut se poser la question de leur effet cocktail pour les milieux aquatiques. »

La Coordination rurale n’est pas la seule à s’être intéressée à la station d’épuration de Langouët. En mars 2018, dans une note sur la modification du PLU, la communauté de communes du Val d’Ille-Aubigné pointait des dysfonctionnements.

Réponse au donneur de leçon

Par cette action, la centrale syndicale entendait dénoncer la stigmatisation des agriculteurs par le maire de Langouët « sur fond d’échéance électorale ».

« La chimie est partout et pas seulement en agriculture », a insisté Bernard Lannes, président national de la Coordination rurale qui a fait le déplacement en Bretagne ce matin. « Avant de pointer du doigt une frange de la population et de s’ériger en donneur de leçon, chacun devrait s’interroger sur ses pratiques. »

Daniel Cueff, le maire, n’était pas là pour échanger. En attendant, la prochaine vidange de la station de Langouët sera suivie de près. La CR s’est dite attentive à la destination des boues qui ne peuvent pas être épandues sur des terres bio. Termineront-elles dans les champs d’agriculteurs conventionnels ? Elle réfléchit à la possibilité d’agir en justice contre le maire pour non-conformité.

Ne supportant plus l’agribashing, le syndicat a prévenu qu’il était prêt à effectuer ces mêmes analyses dans les communes ayant décidé de prendre ce type d’arrêté.

Pas de ZNT pour la coordination rurale

À cette occasion, la Coordination rurale a également rappelé son opposition aux ZNT (zones non traitées). « Nous sommes formés par le passage d’un Certiphyto pour utiliser les produits dans les règles. Nos matériels sont contrôlés tous les cinq ans sur des bancs d’essai. Nous achetons en toute légalité des produits phytosanitaires auprès d’organismes agréés », a déclaré fermement Bernard Lannes, appuyant que « dans le même temps, on signe les accords du Ceta et du Mercosur. »

Isabelle Lejas