La nouvelle mouture de l’arrêté phytos de 2006, dans son état non encore validé, prévoit la mise en place d’un délai de 48 heures avant de pouvoir ré-entrer sur des parcelles (ou des serres) traitées avec un produit CMR (1). Elle prévoirait aussi, et sous condition de porter un équipement de protection individuel (EPI), d’accorder des dérogations pour permettre un retour avancé sur les parcelles, avant le délai de 48 heures donc.

Les dérogations : une « régression »

Hier, la FGA-CFDT considérait la possibilité d’accorder des dérogations comme un « contresens par rapport à la connaissance des risques relatifs aux produits phytosanitaires ». Même son de cloche chez la Confédération paysanne. Dans un communiqué paru aujourd’hui, le syndicat estime que les dérogations « affaibli [ssent] considérablement le principe même de délai de ré-entrée ».

En considérant par ailleurs que la protection des riverains, envisagée début octobre par l’extension de zones non traitées, a été « remis [e] à plus tard », la Confédération paysanne s’interroge sur la justification que les pouvoirs publics donneront à ce qu’elle qualifie de « régression », dans un contexte où la connaissance sur l’exposition des travailleurs aux pesticides a fait l’objet d’un « rapport alarmant ».

Soutien économique en contrepoids du retrait de phytos CMR

À ce titre, l’autorisation de « 489 préparations CMR dans la production de notre alimentation » pose aussi problème à la Confédération paysanne. Elle souhaite le « retrait du marché de ces molécules » mais s’oppose au fait que les agriculteurs soient les seuls à assumer le « coût des mesures que la légitime réprobation des pesticides au sein de la population imposera inévitablement ». L’accompagnement des « changements qui s’imposent » doit, selon le syndicat, passer par un « soutien économique massif » de la production et un « contrôle des importations ».

A. Cas.

(1) Cancérigène, mutagène ou reprotoxique.