Elles sont partout. Que ce soit dans les champs, les forêts, les parcs, sur les toits ou dans les jardins, les ruches fleurissent depuis quelques années à la campagne comme en ville. Dans sa dernière note de synthèse concernant le secteur apicole, FranceAgriMer confirme cette observation par des chiffres.
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Elles sont partout. Que ce soit dans les champs, les forêts, les parcs, sur les toits ou dans les jardins, les ruches fleurissent depuis quelques années à la campagne comme en ville. Dans sa dernière note de synthèse concernant le secteur apicole, FranceAgriMer confirme cette observation par des chiffres.

« Pour la troisième année consécutive, souligne l’office agricole, l’Observatoire a mis en évidence une augmentation du nombre d’apiculteurs de près de 7 % ». Cette hausse, comme le montrent les autres données du rapport, change le visage du secteur. La classe de producteurs traditionnels possédant 50 à 400 ruches semble perdre de son importance au profit des amateurs. La production commerciale devient peu à peu la chasse gardée d‘exploitants possédant plus de 400 ruches.

Un hobby productif

Pour plus de neuf personnes sur dix, l’élevage des abeilles est une activité de loisir. Ce sont ainsi près de 50 000 apiculteurs qui ont déclaré posséder 50 ruches ou moins en 2017 contre 45 000 en 2016. À eux tous, ces exploitants ont tout de même produit 4 300 tonnes de miel, soit 20 % de la production française totale.

Leur miel, cependant, ne se retrouve pas sur les marchés. D’après FranceAgriMer, la majorité de la production est consommée par les apiculteurs eux-mêmes, ou donné à des amis. Ils sont par ailleurs très peu dans cette catégorie à se diversifier dans les autres produits de la ruche. Enfin, les pots des petits producteurs ne sont pas souvent estampillés Agriculture Biologique, « les apiculteurs de loisir ne souhaitant pas en général, comme le remarque FranceAgriMer, s’acquitter du montant de la certification ».

Professionnalisation du secteur

Seule ombre au tableau dressé par FranceAgriMer : le nombre d’apiculteurs possédant entre 150 et 400 ruches a chuté entre 2016 et 2017, passant de près de 2 500 à 1 500. Pendant ce temps, le nombre d’exploitations possédant entre 50 et 150 ruches est resté presque stable, tout comme celui des exploitations de plus de 400 ruches.

Pourtant, avec un rendement à 21,1 kg de miel/ruche, la France a produit près de 19 800 tonnes au total en 2017, soit près de 23 % de plus qu’en 2016. Cette hausse de production est due à de meilleures conditions, mais également, comme le montre la chute du nombre d’exploitations moyennes, à une sélection parmi les apiculteurs professionnels. La productivité par ruche est devenue essentielle pour se maintenir. Ainsi, le rendement moyen en miel biologique, indicateur du travail des grands exploitants labellisés, est passé de 15,6 kg de miel par ruche en 2016, à 23,4 kg de miel par ruche en 2017.

Qui sont ces exploitants ? Ils vivent plutôt dans le sud du pays, en Rhône-Alpes ou en Occitanie. Leur miel est vendu à des conditionneurs (25 % des apiculteurs) ou directement sur les exploitations. Le marché du vrac était très favorable jusqu’en 2015, mais aujourd’hui, comme le remarque FranceAgriMer, « la mise en pot permet à l’apiculteur de bénéficier d’un revenu régulier ». En plus du miel, ces grands exploitants se diversifient vers l’élevage (essaims et reines), mais également vers la gelée royale, la cire ou le pollen. Certains proposent même les services de leurs abeilles pour la pollinisation de champs ou de vergers, « une activité considérée comme plus rémunératrice ».

Le secteur semble ainsi s’éloigner de sa place historique d’activité complémentaire dans les campagnes. Loisir ou activité principale, bio ou non, les exploitants sont en train de choisir leur camp.

Ivan Logvenoff