Les représentants de la santé humaine et animale l'affirment désormais avec force : il devient urgent de se mobiliser pour lutter contre l'antibiorésistance.

Lors d'un colloque coorganisé par les ministères de la Santé et de l'Agriculture, le 14 novembre 2013 à Paris, des médecins, chercheurs, vétérinaires et représentants des pouvoirs publics ont tiré la sonnette d'alarme : « La résistance aux antimicrobiens est une des menaces les plus graves pour la santé publique. » Or préserver l'efficacité des molécules est un enjeu majeur pour les hommes, mais aussi pour les animaux de rente. La santé humaine et la santé animale étant « indissociables », les efforts pour diminuer la prescription d'antibiotiques doivent être menés conjointement.

Dans les filières d'élevage (comme en médecine humaine), il reste encore du chemin à faire. Si les filières du porc et du lapin ont nettement réduit leur consommation d'antibiotiques dits « critiques » (céphalosporines de troisième et quatrième générations et fluoroquinolones) au cours des cinq dernières années grâce à des actions vigoureuses, les bovins font figure de mauvais élèves, avec une utilisation en légère hausse.

Les intervenants du colloque ont passé en revue les différents outils dont ils disposent pour atteindre les objectifs du plan EcoAntibio 2017. En l'état de la recherche actuelle, personne ne compte sur de nouvelles molécules. Les alternatives sont peu nombreuses et, pour certaines, à l'état de recherche (vaccination, phagothérapie, adjuvants...).

Il reste à améliorer les pratiques de prescription de la part des médecins et des vétérinaires, en recourant davantage aux tests de détection rapide existants (pour les angines ou les cystites en médecine humaine, pour les pathologies respiratoires en veaux...). Les vétérinaires peuvent également s'appuyer sur les analyses en laboratoires pour identifier rapidement et précisément les germes en cause dans une infection, et connaître leur éventuelle résistance (par antibiogramme).

L'autre piste repose sur la prévention. Comme l'ont souligné Mélanie Liber et Philippe Le Coz, vétérinaires, leur travail évolue vers du conseil en matière d'hygiène et d'ambiance. La prévention passera également par une alimentation la plus équilibrée possible, puisque « la santé commence par l'alimentation », a insisté Charlotte Dunoyer, de l'Anses.

Elsa Casalegno