« Accusés, dénigrés, stigmatisés… les éleveurs n’en peuvent plus des extrémistes anti-viande », s’est indignée Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, invitée à « Terres 2017, les Assises de l’élevage et de l’alimentation » à Rennes le 11 septembre.

Alors que les vidéos de l’association L214 en particulier montent en épingle certaines dérives, les éleveurs font leur métier en se préoccupant du bien-être animal, insiste la présidente de la FNSEA. Même colère et mêmes efforts en faveur d’un élevage respectueux, confirme Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, invité à s’exprimer avec son homologue de la FNSEA.

Qui paye le bien-être ?

Une divergence de taille cependant. Pour la FNSEA, l’élevage doit répondre aux besoins du marché : s’il faut pour cela investir dans des équipements pour améliorer le bien-être des animaux, il faudra que la grande distribution, partenaire incontournable, répercute le prix à l’éleveur. Dans ce système, les produits de qualité seront encore plus chers et destinés aux consommateurs qui pourront les payer.

« Ce serait dramatique, s’insurge Laurent Pinatel. Cela voudrait dire que l’État est démissionnaire et laisserait l’orientation de l’agriculture aux mains des distributeurs ». Pour la Confédération paysanne, c’est à l’État de financer la transition des élevages pour mieux répondre aux besoins des consommateurs, afin de proposer une alimentation de qualité accessible à tous.

« Vous nous faites du mal »

L’après-midi, la majorité du public présent dans l’auditorium s’est levée à l’appel de Thierry Coué, président de la FRSEA Bretagne, pour manifester sa colère et son désarroi face aux attaques répétées et agressives contre l’élevage menées par les associations anti-viande. Un geste symbolique avant l’intervention de Brigitte Gothière, porte-parole de L214, invitée à débattre.

« Vous manipulez les images de mauvaises pratiques et c’est insupportable de blesser ainsi les éleveurs déjà fragilisés économiquement, a expliqué Coué. Mais les agriculteurs vont continuer et nous allons prouver et montrer ce que l’on sait faire de bien ». Le ton était donné.

Brigitte Gothière ne s’est cependant pas laissée impressionner : « Ces images vous exposent fortement effectivement. Mais nous montrons ce que nous constatons. »

Difficile de se comprendre entre les professionnels de l’élevage et la militante abolitionniste qui refuse l’idée de tuer des animaux pour les manger.

Sophie Bergot