Les scientifiques vont développer un site web et une application sur smartphone appelée Vigi-Tiques. Tous ceux qui le souhaiteront pourront ainsi prendre part à la collecte d’informations. Il suffira à chacun d’indiquer où et quand il a été piqué (lui ou son animal domestique).

Ces informations permettront de répondre à des interrogations comme : peut-on se faire piquer en hiver ? y a-t-il des heures où les tiques sont plus actives ? est-ce qu’on se fait piquer dans les forêts, dans les parcs urbains ou dans les jardins ? etc.

Les informations collectées seront intégrées dans une base de données et la cartographie des piqûres pourra être consultée. L’Inra espère avoir le même succès que les chercheurs suisses. En 18 mois, ils ont obtenu près de 7 000 déclarations de piqûres de tiques. L’Inra lancera aussi la collecte de tiques avec des consignes précises pour faire parvenir les petites bêtes aux équipes de scientifiques.

L’équipe de Citicks proposera également aux volontaires de co-construire le projet scientifique avec elle. Pour cela, des stages de recherche ont été programmés. « Chacun pourra s’immerger dans un laboratoire de recherche pour apprendre à reconnaître les espèces de tiques et analyser leur contenu en agents infectieux, indique l’Inra. Ce sera pour les scientifiques un moyen de transmettre leur passion pour la science et faire comprendre comment les recherches se construisent. » Inversement, les chercheurs seront à l’écoute de nouvelles idées.

LymeSnap, une étude dans les Combrailles

Une autre étude participative, LymeSnap, a démarré dans le centre de la France depuis le mois d’avril 2017. Conduite par l’unité mixte de recherche d’épidémiologie des maladies animales et zoonotiques du Centre Inra Auvergne Rhône-Alpes (ANA) et le CHU de Clermont-Ferrand, elle vise à obtenir une meilleure estimation du nombre de nouveaux cas de maladie de Lyme dans les Combrailles.

Chaque personne exposée à des tiques dans le pays des Combrailles et présentant une « tache cutanée rouge » potentiellement un érythème migrant, pourra participer à cette étude (qu’elle se souvienne ou non d’avoir été piquée par une tique). Il suffira d’envoyer par sms ou par mail la photo de la lésion (1) en suivant un protocole. LymeSnap devrait permettre de mieux estimer le nombre de cas de maladie de Lyme et favoriser le dialogue entre scientifiques, médecins et malades.

(1) Le numéro de téléphone ou l’adresse mail sont indiqués sur le site www6.ara.inra.fr/lyme-combrailles.