Dans leur rapport « La Faim, un business comme un autre » remis le 16 septembre 2014, trois organisations non gouvernementales (ONG) alimentaires dénoncent la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition (Nasan) lancée il y a deux ans par le G8.

CCFD-Terre Solidaire, Action contre la faim et Oxfam France indique que cette initiative « pousse les Etats africains à mettre en oeuvre des mesures de dérégulation et d'ultralibéralisation de leur secteur agricole au détriment de l'agriculture familiale et paysanne ».

Une initiative défavorable aux petits producteurs

Pour Peggy Pascal d'Action contre la faim, « le modèle agricole qui est promu par la Nouvelle alliance est défavorable aux petits producteurs. Il ne permet pas de lutter de façon durable contre l'insécurité alimentaire et la faim ».

Pour preuve des buts lucratifs de cette alliance, Clara Jamart d'Oxfam France indique que les pays les plus touchés par l'insécurité alimentaire et nutritionnelle ne font parti de l'initiative. Elle précise : « Ce sont plutôt les pays qui offrent le plus de perspectives de croissance et de profits pour les multinationales et les gros investisseurs qui ont été ciblés en priorité. »

Le rôle trouble de la France

Les ONG insistent également sur le rôle de la France qui, dans un premier temps réfractaire à la Nasan, en est aujourd'hui un des acteurs majeurs avec 754 millions de contribution par an. Le rapport met en évidence le manque de transparence dans les financements accordés aux multinationales membres de l'alliance.

La Nasan a pour objectif affiché d'améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition et aider quelque 50 millions de personnes en Afrique subsaharienne à sortir de la pauvreté d'ici à 2022.