« Ce n’est pas à l’agriculture de gérer ce problème de société, estime François Lecoq, représentant local de la FNSEA, à Houdan, dans les Yvelines. Il faut que l’État applique la loi. Cela fait vingt ans qu’elle a été votée et on en est toujours au même point : tout le monde est d’accord pour faire des aires de grand passage, mais personne ne la veut à cô...
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« Ce n’est pas à l’agriculture de gérer ce problème de société, estime François Lecoq, représentant local de la FNSEA, à Houdan, dans les Yvelines. Il faut que l’État applique la loi. Cela fait vingt ans qu’elle a été votée et on en est toujours au même point : tout le monde est d’accord pour faire des aires de grand passage, mais personne ne la veut à côté de chez soi ».

« Plus de 200 caravanes ont débarqué d’un coup ! »

Seulement dix-neuf départements ont à ce jour satisfait leurs obligations en matière de schéma d’aménagement, définies par la loi Besson du 5 juillet 2000 qui prévoit la construction d’aires d’accueil et de grand passage. La commission nationale consultative des gens du voyage pointe en particulier le manque à combler sur la deuxième catégorie : les aires de grand passage, destinées au déroulement des grands rassemblements estivaux des gens du voyage, n’ont été réalisées qu’à 49 % dans toute la France. Conséquence : « Les terres agricoles continuent de trinquer », poursuit le céréalier de Gambais, qui demande de « libérer les champs de toutes ces caravanes ».

L’été dernier, la profession a dû notamment se mobiliser à plusieurs reprises, à Montfort-l’Amaury, sur une parcelle agricole, appartenant à l’agriculteur yvelinois, Olivier Coupery. « On est d’abord intervenu en juin, se souvient François Lecoq, et puis à nouveau en septembre. Plus de 200 caravanes ont débarqué d’un coup ! Ça n’est pas évident. Comme personne ne voulait bouger, on est rentré dans le champ avec les citernes de lisier. Ce n’était pas pour le déverser, mais pour créer un rapport de force. » Une dizaine de tracteurs sont ainsi venus à bout de 300 caravanes. « Les gendarmes étaient là aussi. Et les caravanes ont fini par partir dans les 48 heures… Pour aller occuper un autre champ, dans le nord de l’Essonne. »

Les concertations se poursuivent

Le représentant agricole demande à l’État d’appliquer la loi Besson et de désigner « en dehors de nos terres agricoles », des aires de grand passage destinées à accueillir les gens du voyage. « Dans le département, ce ne sont pas les terrains militaires ou d’État qui manquent », note l’agriculteur. Dans la Région Île-de-France, les préfectures des Yvelines et de la Seine-et-Marne travailleraient à la construction de leurs aires.

Dans la Seine-et-Marne, l’intercommunalité de Melun Val-de-Seine a voté la création et l’achat de terres agricoles d’une superficie de 7 hectares pour la création d’une aire sur la commune de Boissise-le-Roi. Mais le projet suscite de vives oppositions au sein de la profession agricole, selon la chambre d’agriculture de l’Île-de-France. Dans les Yvelines, la préfecture poursuivrait quant à elle la concertation avec tous les parties.

L’aire de grand passage idéale

En attendant, même si l’État peine à appliquer ses lois, il continue à les peaufiner : un décret publié dans le Journal officiel du 7 mars 2019 convient des modalités de construction des aires de grand passage. En application de l’article 149 de la loi n°2017-86 du 27 janvier 2017, le texte précise que la surface de l’aire de grand passage doit être d’au moins 4 hectares. Elle doit par ailleurs disposer « d’un sol stabilisé adapté à la saison d’utilisation définie par le schéma départemental, restant porteur et carrossable en cas d’intempérie, dont la pente permet d’assurer le stationnement sûr des caravanes ». Elle doit aussi comprendre un accès routier, un accès à l’eau potable, une alimentation électrique sécurisée comportant un tableau de 250 kVA triphasé, un éclairage public, un dispositif de recueil des eaux usées, un système permettant la récupération des toilettes individuelles, des bennes pour les ordures ménagères (dont le ramassage est assuré au moins une fois par semaine pendant la période d’ouverture ou d’occupation) et un accès au service de collecte des encombrants et à la déchetterie.

Ce qui exclut, sans doute, les terres agricoles.

Rosanne Aries