Producteur de blé, de colza et de maïs sur une surface de 300 ha dans le sud de l’Eure-et-Loir, Hugues Oudeyer est un exploitant indépendant, qui compte bien le rester. Depuis 1995, il travaille en direct, autant pour la commercialisation de ses grains (sauf la partie qu’il ne peut pas stocker) que son approvisionnement.

Et il a souhaité, ces dernières années, encore davantage optimiser son système. « J’en avais surtout marre de passer cinquante coups de fil pour vendre quatre camions de blé. Alors j’ai fait appel à une start-up. » Depuis 2016, il commercialise 75 % de sa récolte avec Comparateuragricole.com., qui permet aux exploitants de comparer en ligne les meilleures offres agricoles et de vendre leurs céréales au meilleur prix. « Le site propose des cotations tous les jours. C’est un gain de temps considérable. »

Si Hugues Oudeyer a beaucoup travaillé avec les coopératives jusqu’en 1995, le manque de transparence sur les prix l’en a détourné : « Sur les appros par exemple, j’ai relevé un écart de prix entre ceux des acteurs classiques et ceux obtenus en direct, de 35 %, ça n’est pas négligeable. » Il n’adhère pas non plus à un centre de gestion mais travaille avec une dizaine d’agriculteurs regroupés dans un Ceta indépendant, qui correspond aussi globalement à son groupement d’achat. « Ce que je recherche, résume-t-il. Moins de conseils et plus d’aide à la décision. »

Ce que je recherche ? Moins de conseils et plus d’aide à la décision.

Comme Hugues Oudeyer, les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à pousser la porte des start-ups en agriculture. Avec toujours les mêmes attentes : gagner du temps, réduire leurs charges comme leur stress, pouvoir se comparer aux autres, même anonymes (surtout anonymes), et par-dessus tout, rester maître de leurs décisions et de leur exploitation. Ils se disent aussi stimulés par les promesses faites en matière de traçabilité et de transparence des prix.

Objets connectés, marchés en ligne, drones, outils destinés à la commercialisation… ces jeunes entreprises, réunies à l’heure du digital sous la bannière AgTech, sont une centaine désormais à leur proposer outils et services innovants.

 

 

QUE PEUVENT APPORTER LES START-UPS  ? QUATRE AGRICULTEURS TÉMOIGNENT EN VIDÉO.

Sébastien Leclerc, 44 ans, céréalier, Echemines (Aube)

Il utilise Piloter sa ferme (outil d’aide à la commercialisation).

« Optimiser mes décisions »

Nicolas Gandon, céréalier, 42 ans, Marigny-Le-Châtel (Aube)

Il utilise Piloter sa ferme (outil d’aide à la commercialisation).

« Rester maître de ma commercialisation »

Alexis Le Coulteux, 26 ans, céréalier, Nivillers (Oise)

Il utilise Ekylibre (logiciel de gestion).

« Devenir un vrai chef d’entreprise »

Jean-François Regard, 36 ans, céréalier, Saint-Chef (Isère)

Il utilise Farmleap (Ceta « numérique »).

« Améliorer ma rentabilité »

Rosanne Aries

Retrouvez le dossier complet « Start-ups : Prendre le train en marche ».