L'Etat et les Régions ont signé, le 19 juin 2013 à Paris, un « contrat de filière » avec le secteur agroalimentaire qui engage prioritairement les partenaires à développer l'emploi des jeunes et l'exportation vers l'Asie. Coop de France salue une « avancée sectorielle pour promouvoir le développement de nos filières » .

Producteurs et industriels promettent de signer 10.000 contrats de formation en alternance et contrats de génération d'ici à 2017 au profit des jeunes, plus 5.000 formations de base, dite des « savoirs fondamentaux » (ré-alphabétisation).

Préparé et cosigné par les ministres du Redressement productif, Arnaud Montebourg, de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, et de l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, ce contrat engage également les Régions à mobiliser tous les dispositifs sous leur tutelle en matière d'orientation et de formation.

« La méthode est importante et c'est la clé du succès : partager des objectifs avec tous les acteurs, s'engager à les atteindre ensemble, se donner les moyens », estime M. Le Foll. « Concrètement, détaille-t-il, l'Etat met en place le crédit d'impôt compétitivité emploi (Cice), les Régions mobilisent leurs dispositifs de formation professionnelle et la filière prend des engagements chiffrés. »

L'objectif affiché est de « consolider et créer des emplois, notamment chez les jeunes », de « sécuriser les parcours professionnels dans un contexte économique difficile » et « d'améliorer l'attractivité du secteur et des métiers de l'alimentaire » où certains emplois disparaissent quand d'autres (dans le secteur de la viande notamment) ne trouvent pas preneurs.

Le ministère de l'Agriculture s'engage également, malgré d'éventuelles coupes budgétaires, à stabiliser les moyens consacrés à la filière : « 100 millions d'euros sur trois ans dont 45 millions pour les programmes d'innovation » ainsi que le lancement d'un programme d'aide à l'investissement pour moderniser et améliorer la compétitivité du secteur.

L'autre grand axe concerne le soutien à l'exportation, principalement vers l'Asie : l'Etat s'engage à mettre en place (moyennant un financement de 8,3 millions d'euros) une plate-forme interactive de soutien aux entreprises. Cette plate-forme, baptisée « Exp@don2 », doit simplifier leurs démarches en matière d'agrément et de certification sanitaire à l'exportation. L'objectif visé est 2 milliards d'euros supplémentaires d'exportation vers l'Asie d'ici à 2017 – sachant qu'un milliard de plus à l'exportation représente environ 10.000 emplois créés, fait-on valoir chez M. Garot.

Par ailleurs, le contrat prévoit d'agir en faveur de la qualité avec l'élaboration et la promotion d'une charte antifraudes auprès des industriels.

A la base de ce plan, plus de 140 ateliers conduits cinq mois durant en Régions par les chefs d'entreprise ont permis de dégager plus de 1.000 propositions d'action.

Coop de France « s'engage »

Coop de France a signé, le 19 juin 2013, ce deuxième contrat de filière alimentaire en partenariat avec l'ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire (Ania, CGAD, FCD, FNSEA).

« Cette dynamique de dialogue, menée aux niveaux régional et national pendant six mois, a permis d'identifier les axes stratégiques : l'emploi, le développement durable, la recherche-innovation, la qualité des produits, la promotion du modèle alimentaire et l'amélioration des relations au sein de la filière. Plus de 30 engagements entre les pouvoirs publics et les entreprises ont ainsi été définis et seront déclinés en Région pour tenir compte du maillage territorial de la filière alimentaire », indique Coop de France dans un communiqué du 19 juin.

« Coop de France a contribué activement à l'ensemble de ces travaux avec l'appui de son réseau de Fédérations régionales et des coopératives parties prenantes. Les principaux engagements retenus par la Coopération sont : la modernisation des filières pour renforcer leur compétitivité et accompagner la transition écologique, la simplification des démarches à l'exportation, le soutien à l'innovation... »

« En matière d'emploi, Coop de France s'est engagée, aux côtés des autres partenaires, en faveur de l'insertion des jeunes (150.000 jeunes formés et recrutés d'ici à 2017), l'acquisition des savoirs fondamentaux (5.000 bénéficiaires supplémentaires d'ici à 2017) et la convergence des outils existants (Observatoire des métiers, CQP...). Ces engagements traduisent la volonté de la filière, malgré un contexte économique particulièrement difficile, d'oeuvrer en faveur de l'emploi et du développement des compétences des salariés. »

« Les grands enjeux de notre secteur sont désormais affichés, au-delà des difficultés rencontrées par de nombreuses filières. Cette première étape, fruit d'un consensus responsable, constitue le socle d'une véritable avancée sectorielle pour promouvoir le développement de nos filières à condition d'une concrétisation rapide », affirme Philippe Mangin, cité dans le communiqué.

A télécharger :