L’association connaît une augmentation constante de ses adhérents depuis les années 2000 et en compte aujourd’hui plus de 1 000. « Pour une association créée il y a 20 ans par une dizaine d’agriculteurs en Bretagne, nous pouvons être fiers de cette évolution », se sont réjouis Bertrand Paumier, Michel Roesch et Fabien Labrunie, les trois coprésidents de Base.

L’association œuvre à « l’optimisation des pratiques agricoles dans le sens du développement durable », en rassemblant les agriculteurs, techniciens et scientifiques autour de ces pratiques. Une vingtaine de journées techniques sont organisées par l’association chaque année, lors desquelles des intervenants sont conviés, parmi lesquels des spécialistes étrangers.

Ainsi, Brendon Rockey, producteur de pommes de terre dans le Colorado, aux États-Unis, est intervenu lors de l’assemblée générale et a présenté son système de production dans lequel l’agronomie et la biodiversité jouent un rôle central.

« On trouve tous les types d’agriculteurs dans le réseau Base »

Les questions autour de la matière organique, la structure du sol, l’impact des pratiques culturales sur la vie du sol font partie des thèmes largement discutés et débattus par les intervenants et les adhérents.

Thierry Têtu, enseignant chercheur à l’université d’Amiens, a présenté une synthèse d’essais sur l’impact du glyphosate, des engrais azotés et du travail du sol sur la vie du sol et l’évolution de la matière organique. Les résultats sont surprenants : si le glyphosate a peu d’impact sur l’activité des microorganismes, les engrais azotés et le labour ont en revanche un effet négatif sur la biodiversité et sur la minéralisation de la matière organique. « Le labour et les engrais minéraux sont encore des pratiques largement ancrées en France, et qui sont difficiles à changer », estime-t-il.

L’association promeut les pratiques culturales simplifiées et le semis direct, mais « on trouve tous les types d’agriculteurs dans le réseau Base : éleveurs, céréaliers, bio, en semis direct ou non », précise Florence Riaud, salariée de l’association. Tours de plaine, formations, réunions techniques, conférences : l’association cultive un vrai esprit de réseau, dans lequel la communication et le partage des connaissances sont primordiaux.

Adèle Magnard