Cette plateforme met à disposition un catalogue de données et de fonctions de calcul produites par les chercheurs et les ingénieurs des instituts techniques agricoles pour créer des services sur les thématiques de l’agronomie et de l’agriculture. Leur est mise à disposition peut être gratuite ou payante, dans un format utilisable directement par l’homme ou la machine (soit une API ou Application Programming Interface) pour faciliter la production de nouveaux services, telles des applications pour mobile. Les données sont ainsi brutes ou travaillées en API. Dans ce dernier cas, elles sont telles un moteur pouvant équiper telle ou telle autre marque de constructeur de tracteur.

La plateforme Api-Agro expose les jeux de données et les API de 12 partenaires et bientôt plus car la plateforme a vocation à être enrichie. Les premières applications visées concerneront la description des systèmes de culture ou d’élevage.

Les référentiels accessibles sont par exemple la base de données sur les produits phytosanitaires de l’Acta, la base des sols typés d’Arvalis, les codes officiels de race ou encore les indices de coût des matières premières des aliments.

Propriété des données

Un travail sur une charte est entamé sur le modèle de ce qui a été co construit aux Etats-unis entre agriculteurs et industriels. Face au vide réglementaire, le but est de protéger les producteurs de données tout en permettant le développement de services basés sur les résultats d’exploitation de ces données. Quant à la gouvernance de la plateforme, les instituts assurent qu’elle devrait rester dans leur giron. La plateforme est basée sur un outil développé par OpenDataSoft, start-up française assurant gestion et mise à disposition des API.

Le coût de développement de la plateforme a notamment été pris en charge grâce aux crédits du Casdar. Le budget de fonctionnement pour cette première année 2016 devrait s’élever a environ 150 000 euros. Pour Philippe Lecouvey, directeur général de l’Acta, « l’ambition est forte. Le numérique modifie les comportements de manière tout à fait intéressante en renforçant le réseau des instituts et en l’ouvrant à l’extérieur. On décloisonne. Api-Agro est la première pierre d’un « big data » qui va prendre de l’ampleur en recherchant des complémentarités ».

Vincent Gobert