Les députés et sénateurs du club de réflexion Objectifs bio sont bien décidés à convaincre leurs collègues élus de la nation de l'intérêt de la filière biologique pour l'emploi et le dynamisme des territoires.

« L'agriculture bio doit être mise en avant, mais pas en opposition avec l'agriculture conventionnelle, a insisté Didier Guilhaume, sénateur de la Drôme et président du club parlementaire, lors d'un colloque organisé mardi au Sénat. Nous ferions fausse route si nous laissions penser que l'agriculture biologique est la seule agriculture de qualité, au contraire de l'agriculture conventionnelle. »

Pour Chantal Jouanno, sénatrice de Paris, « c'est toute la communication autour du bio qu'il faut repenser pour éviter les débats de sourds ». D'où l'intérêt de prendre l'emploi et le dynamisme des territoires comme angle d'attaque. Ainsi que les questions de santé publique. 

« Il faut relancer le débat sur les liens entre cancer et pesticides, a estimé à cette occasion Denis Lairon, directeur de recherche émérite à l'Inserm. On sait, de façon certaine, que deux pesticides sur trois sont impliqués et ont des effets pouvant être trans-générationnels ».

Ce dernier a profité du colloque pour présenter les premiers résultats de « la plus grande enquête réalisée en Europe » sur le profil des consommateurs bio et « les relations entre aliments et indicateurs de santé ».

Il apparaît dans cette étude que les personnes consommant régulièrement des produits bio ont un niveau d'éducation élevé mais des revenus comparables aux autres groupes de consommateurs. Elles présentent un meilleur profil alimentaire, avec une alimentation équilibrée et caractérisée par une part importante d'aliments d'origine végétale, et s'approchent des recommandations du PNNS (programme national nutrition-santé). D'où des risques moindres de surpoids ou d'obésité que les autres consommateurs.

Pour Denis Lairon, « cette réduction de la probabilité de surpoids et d'obésité chez les consommateurs de bio pourrait s'expliquer, au moins en partie, par une consommation d'aliments très peu contaminés par des résidus de pesticides et donc d'imprégnation de leur organisme, ce qui sera testé dans les prochaines années ». 

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Alain Cardinaux