Année après année, les records tombent. En 2018, la croissance de la production bio s’est encore accélérée, « et dans tous les maillons de la chaîne », souligne Florent Guhl, directeur de l’Agence bio, qui dévoilait ce mardi 4 juin 2019 à Paris, les chiffres définitifs de l’année écoulée.

14 % des emplois agricoles

Avec 4 932 nouvelles exploitations notifiées à l’Agence bio, contre 4 425 et 3 382 respectivement en 2017 et 2016, le nombre de fermes bio a atteint 41 623 fin 2018, en hausse de 13 % en un an (1). Elles représentent désormais 9,5 % des fermes françaises et 14,3 % des emplois agricoles.

Elles emploient notamment plus de chefs d’exploitation et de salariés permanents, et moins de salariés temporaires, que les exploitations conventionnelles. Les autres maillons de la chaîne ont aussi gagné des emplois : les hausses sont respectivement de 12 et 14 % pour la transformation et la distribution de produits bio.

7,5 % de la SAU est bio

Les surfaces conduites en bio, certifiées ou en conversion, dépassent désormais les deux millions d’hectares, dont 500 000 ha n’ont pas achevé leur période de conversion. La part de la SAU française conduite en bio a ainsi gagné un point depuis 2017 pour atteindre 7,5 %.

Les deux tiers sont consacrés aux fourrages (10 % des surfaces fourragères sont conduites en bio), mais c’est en production fruitière que la part relative du bio est la plus importante (23,3 % des surfaces en fruits).

Parties de loin, les grandes cultures poursuivent et accélèrent leur expansion avec une hausse jamais vue de 31 % en un an, portant le total à 4,3 % des surfaces françaises de grandes cultures.

Côté animal, les poules pondeuses sont la principale production bio (13 % du cheptel est certifié bio ou en conversion), suivies par les brebis laitières (10,81 %) et les chèvres (9,09 %). Côté bovin, 6,15 % du cheptel laitier est bio et près de 5 % du cheptel allaitant.

Le poulet de chair n’affiche que 1,60 % en bio. Avec seulement 1,3 % du cheptel de truies en bio et vu la demande en charcuterie bio, l’importation de jambon ou de porc bio a encore de beaux jours devant elle.

Le bio français d’abord

La croissance de la consommation de produits bio, + 15,7 % en un an, bénéficie surtout à l’agriculture française, puisque la part de produits importés reste stable à 31 %. Les importations restent importantes en fruits, notamment en raison des fruits exotiques, en produits traiteurs ou d’épicerie, et en produits de la mer, ainsi qu’en charcuterie.

Le marché intérieur a atteint en 2018 9,7 milliards d’euros, soit presque 5 % des achats alimentaires des Français. La grande distribution est le premier lieu d’achat de produits bio (49 % des achats), devant les magasins spécialisés (34 %), la vente directe (12 %) et les artisans, commerçants et restaurateurs. Avec 319 millions d’euros d’achat HT de produits bio, en hausse de 28 %, on note cependant que la restauration collective commence à s’intéresser au secteur, loi agricluture et alimentation oblige.

B. Lafeuille

(1) Environ 6 600 nouvelles notifications et 1 600 arrêts de certification (- 3 %) sur 2018, liés surtout à des départs en retraite.