La Fondation pour l'agriculture et la ruralité dans le monde (Farm) a organisé mardi un débat sur le développement agricole en Afrique et en Asie avec l'économiste agricole Peter Hazell.

Les petits agriculteurs représentent encore 2 milliards de personnes en Afrique et en Asie, dont la plupart souffrent de la faim ou d'une extrême pauvreté. « La taille moyenne de ces exploitations continue à diminuer dans la majeure partie de l'Asie et de l'Afrique », explique le chercheur. Dans ce contexte, une croissance fondée sur les petites exploitations, comme c'était le cas au moment de la révolution verte, est de moins en moins probable.

« Beaucoup de petites exploitations sont aujourd'hui trop petites pour fournir des revenus adéquats », estime Peter Hazell. Cela se traduit chez les familles de paysans par des orientations non-agricoles ou par un enfermement dans une activité agricole au sein de régions peu dynamiques.

Les exploitations agricoles en transition et celles tournées vers l'autosubsistance jouent un rôle « relativement mineur » dans la production de richesses susceptibles d'accélérer la croissance économique et de nourrir les zones urbaines, de plus en plus importantes.

Améliorer la productivité, mais pas seulement 

Selon l'économiste, les interventions visant à améliorer la productivité des petites fermes sont nécessaires pour améliorer la sécurité alimentaire de ces populations. Mais cela doit s'accompagner d'autres interventions qui réduisent plus directement la pauvreté et facilitent la transition vers des activités non-agricoles.

Parallèlement, certaines petites exploitations seront à même de se développer pour couvrir une partie des enjeux d'avenir en matière d'alimentation. Les gouvernements d'Asie et d'Afrique doivent donc affiner leurs définitions pour distinguer les exploitations capables de répondre aux défis de demain et celles qui doivent rentrer en transition.

Peter Hazell, docteur en agroéconomie, vit aujourd'hui à Santa Barbara, en Californie. Après avoir occupé différents postes à la Banque mondiale puis à l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires, il a été professeur dans des universités prestigieuses. Il apporte aujourd'hui une analyse contrastée en cette année 2014 dédiée à l'agriculture familiale.

Pauline Bourdois