Scandale sanitaire et négociations commerciales ne font pas bon ménage. Ce lundi 20 mars débutait un nouveau round de discussions sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur1, et simultanément, les révélations sur la viande avariée au Brésil explosaient. L’occasion pour l’interprofession du bétail et de la viande d’exprimer ses réticences face à cet accord. « Ce hasard de calendrier illustre, malheureusement, les craintes que nous, professionnels de la viande bovine française, n’avons cessé d’exprimer face à l’attitude de la Commission européenne », écrit Interbev dans une lettre au secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur.

Des risques pour le consommateur

« Interbev rappelle que cet accord de libre-échange risque de faire entrer en Europe des viandes ne correspondant pas aux attentes des consommateurs, en termes de pratiques environnementales, de bien-être animal, de traçabilité et sécurité sanitaire ». De son côté, le Parlement européen pointe le besoin pour l’Union européenne (UE) de « protéger au maximum ses consommateurs ».

Même son de cloche pour le Copa-Cogeca (organisation des syndicats et coopératives agricoles de l’UE dont est membre la FNSEA), qui « souligne l’importance de garantir que les importations vers l’UE respectent les normes communautaires de sécurité et les conditions de traçabilité des animaux ». Interbev invite la Commission européenne à « immédiatement exiger l’exclusion de la viande bovine de tout éventuel accord avec le Mercosur ».

Exportations brésiliennes boycottées

Suite à l’annonce de la circulation de viande d’origine brésilienne, le Mexique a suspendu depuis dimanche ses importations de produits avicoles provenant du Brésil. Il rejoint ainsi la Chine, le Chili et Hong Kong qui avaient déjà mis en place l’interdiction.

1. Le Mercosur est le « Marché commun du Sud », dont les pays membres sont l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay, le Venezuela et la Bolivie.

M.B. avec AFP