« Aujourd’hui, marque une étape historique qui n’avait jamais été franchie […] vers un accord commercial juste et réciproque entre les États-Unis et la Chine », a déclaré le président américain, le 15 janvier 2020, lors d’une longue cérémonie à la Maison Blanche, à l’occasion de la signature de l’accord préliminaire avec le vice-Premier ministre chinois Liu He.

Cet accord doit « mettre fin » à la guerre commerciale qui oppose les deux pays. Dans une lettre adressée à Donald Trump, le président chinois Xi Jinping a salué la signature d’un accord « bon pour la Chine, pour les États-Unis et pour le monde entier ». « Cela montre aussi que nos deux pays ont la capacité d’agir sur la base de l’égalité et du respect mutuel », a écrit M. Xi dans sa lettre, lue par le vice-Premier ministre chinois. Xi Jinping a en outre exprimé à Donald Trump sa volonté de « rester en étroit contact avec vous personnellement. »

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32 milliards d’importations de produits agricoles

Pour réduire le déficit commercial des États-Unis, la Chine s’est engagée à acheter pour 200 milliards de dollars de produits américains supplémentaires au cours des deux prochaines années. Ces achats, qui se fondent sur les niveaux d’importations chinoises de 2017 – soit avant le déclenchement de la guerre commerciale – comportent notamment 32 milliards de produits agricoles, soit 12,5 milliards la première année et 19,5 la deuxième année.

L’administration Trump prédit, quant à elle, que cet accord dopera la croissance des États-Unis en 2020 d’un demi-point de pourcentage. Clamant que les guerres commerciales étaient faciles à gagner, il a aussi constamment répété que l’économie américaine n’était pas affectée par les droits de douane, alors que la croissance chinoise ralentissait.

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Des acteurs économiques plus sceptiques

Face à l’enthousiasme de Donald Trump, la Fédération nationale des détaillants (NRF) et le principal syndicat agricole américain, l’American Farm Bureau Federation, se sont montrés plus mesurés, insistant sur « le travail restant à faire ».

La Chambre de commerce, patronat américain, a abondé dans ce sens en exhortant Washington et Pékin à résoudre les problèmes de fond restés en suspens, citant les subventions chinoises aux entreprises publiques. « Ces problèmes complexes et de longue date […] ont un impact significatif sur la capacité des entreprises américaines à rivaliser », a commenté Thomas Donohue, son président. Pour l’heure, le traité profitera essentiellement aux agriculteurs et industriels, victimes collatérales du conflit. « Du côté de l’offre, de la production des États-Unis, je ne vais pas dire que c’est illimité, mais je dirai que nous avons beaucoup de capacités pour appuyer sur l’accélérateur, et c’est pourquoi cet accord va favoriser la croissance », a commenté Larry Kudlow.

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Les droits de douane comme levier de négociation

L’accord contient également des dispositions relatives à la protection de la propriété intellectuelle et aux conditions de transfert de technologies, autres grandes exigences des États-Unis. Déclenché au printemps 2018 pour mettre fin aux pratiques commerciales chinoises jugées « déloyales », le conflit s’est matérialisé par des droits de douane punitifs réciproques sur des centaines de milliards de dollars de marchandises échangées chaque année.

Donald Trump a indiqué que les droits frappant actuellement plus de 370 milliards de dollars de produits chinois seraient maintenus jusqu’à la signature de la phase 2 de l’accord qui doit s’attaquer à des sujets plus épineux tels que la cybersécurité. Et c’est là que le bât blesse pour nombre d’acteurs économiques. « La guerre commerciale ne sera terminée que lorsque toutes les taxes douanières auront disparu », estime Mathew Shay, président de la NRF.

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Donald Trump se rendra bientôt en Chine

L’accord « est un pas de géant », a toutefois estimé le sénateur républicain Lindsay Graham, très proche du locataire de la Maison Blanche. Si Wall Street a terminé en hausse mercredi, soutenu par la signature de l’accord, celle-ci a provoqué un effet contrasté sur les Bourses chinoises, Shanghai étant stable (-0,05 %) et Hong Kong en hausse (+0,66 %) au milieu de la matinée.

Par ailleurs, la monnaie chinoise poursuivait sa hausse face au billet vert (à 6,8807 yuans contre un dollar), encouragée par la décision des États-Unis cette semaine de retirer la Chine de leur liste de pays manipulant leur devise. Donald Trump a annoncé qu’il se rendrait bientôt à Pékin alors que les négociations pour une seconde phase de l’accord doivent commencer « immédiatement » pour aborder des sujets plus sensibles tels que la cybersécurité.

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AFP