Dans son dernier rapport, publié au début d’octobre 2016, la plateforme LandMatrix a recensé 1 004 achats de terres agricoles à grande échelle par des investisseurs étrangers dans le monde. Ces acquisitions représentent 26,7 millions d’hectares (Mha) ou encore 2 % des terres arables à l’échelle mondiale.

Des activités agricoles ont été initiées sur 70 % des terres achetées. En 2016, 6,4 Mha sont en production contre 1,7 Mha en 2012. Les cultures alimentaires concernent la majeure partie des surfaces. Les autres productions sont principalement destinées à la fabrication de l’huile de palme et des agrocarburants.

Le continent africain, cible des investisseurs

L’Afrique ressort comme le continent subissant le plus le phénomène d’accaparement des terres. 422 acquisitions de surfaces agricoles à grande échelle y ont été réalisées pour un total de 10 Mha. L’Europe de l’Est et l’Asie du Sud-Est sont aussi fortement touchées par le phénomène. Les principaux pays investisseurs sont la Malaisie, les États-Unis, le Royaume-Uni, Singapour ou encore l’Arabie Saoudite.

Dans 50 % des cas, les achats de terres se font dans des endroits très peuplés et déjà cultivés. LandMatrix explique que les acquisitions dans ces zones engendrent inévitablement une compétition pour l’accès à la terre. Il en découle une augmentation des risques de conflits et une perte des moyens de subsistance des populations locales. Dans les zones forestières moins peuplées, l’impact de l’implantation de productions agricoles est plus écologique que sociale.

Tanguy DhelinJournaliste web