Une quarantaine de parlementaires ont lancé mercredi un appel pour l'interdiction de tous les néonicotinoïdes, accusés de contribuer au déclin des abeilles depuis plusieurs années et qui font l'objet d'un moratoire partiel en Europe.

« Nous, députés et sénateurs, appelons nos collègues de l'Assemblée et du Sénat à voter l'interdiction de tous les néonicotinoïdes sur l'ensemble du territoire français à partir du 1er janvier 2016 », indique le texte cosigné par une majorité d'élus de gauche (PS et EELV), mais aussi de l'UDI (Bertrand Pancher, Chantal Jouanno notamment) ou Nathalie Kosciusko-Morizet (LR).

Cet appel a été formellement lancé mercredi lors d'un forum à l'Assemblée au cours duquel les syndicats professionnels d'apiculteurs et ONG environnementales ont témoigné, et les scientifiques fait part des connaissances sur l'interaction entre néonicotinoïdes et abeilles.

Une pétition lancée il y a quelques semaines et relayée par plusieurs ONG (Fondation Hulot, FNE, Générations futures, etc.) et des syndicats d'apiculteurs pour réclamer un moratoire sur tous les néonicotinoïdes, a recueilli près de 75.000 signatures.

La pétition, intitulée « halte au massacre des abeilles », explique qu'un moratoire « doit ensuite permettre au gouvernement français de continuer à porter cette cause sanitaire et environnementale majeure à l'échelle européenne ».

La Commission européenne a mis en place depuis deux ans un moratoire sur trois néonicotinoïdes sur certaines cultures. Elle procède actuellement à une réévaluation des effets de ces substances à la lumière des nouvelles données scientifiques.

Deux fabricants, le suisse Syngenta et l'allemand Bayer, ont contesté le moratoire européen devant la Cour de justice de l'UE.

« Pas d'interdiction unilatérale » (UIPP)

Dans un communiqué du 25 juin 2015, l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP) accueille favorablement toute initiative pour préserver les insectes pollinisateurs.

Toutefois, elle s'oppose à « toute mesure arbitraire visant à supprimer une catégorie entière de produits encadrés et utiles, susceptible de fragiliser la filière agricole dans son ensemble ».

« Il n'appartient pas à la France d'interdire cette famille de substances de façon unilatérale sur son territoire. Cela ne ferait que créer de nouvelles distorsions de concurrence au détriment des productions nationales et mènerait à des impasses techniques », ajoute l'Union.