Une étude publiée dans la revue « Nature Communications » le 10 juillet montre que le degré de sensibilité des abeilles face aux effets indésirables des néonicotinoïdes varie selon les conditions environnementales.

En 2012, une première étude menée par l'Inra en collaboration avec l'ACTA, le CNRS et l'ITSAP-Institut de l'abeille avait déjà montré que de faibles doses d'un insecticide de cette famille pouvaient perturber l'orientation des abeilles et provoquer leur disparition pendant l'activité de butinage.

Dans la continuité de cette étude, les scientifiques ont analysé ce phénomène de désorientation en fonction de paramètres environnementaux, comme les conditions météorologiques et la complexité du paysage.

Les chercheurs ont collé des micropuces électroniques RFID (radio frequency identification) sur le thorax de près d'un millier d'abeilles (préalablement exposées ou non en laboratoire à des doses non létales de thiaméthoxame) pour contrôler individuellement leur retour à la ruche.

Elles ont ensuite été relâchées à 1 km de leur ruche dans des paysages de structure différente (paysage bocager ou plaine en agriculture intensive) et dans des conditions météorologiques plus ou moins favorables (ciel dégagé et températures supérieures à 28°c ou ciel nuageux et températures entre 15 et 20°C).

Les résultats montrent une influence notable des conditions météorologiques et de la complexité paysagère sur la sensibilité des abeilles à l'insecticide.

Les scientifiques ont pu établir que la matière active induit un risque moyen de non-retour à la ruche augmentant de 3 % à 26 % lorsque les conditions météorologiques deviennent défavorables.

Ce taux de disparition lié à l'insecticide est en outre modulé par l'environnement paysager, atteignant 35 % (une abeille sur trois) dans les paysages bocagers contre 18 % dans les paysages ouverts, de structure moins complexe.

La sensibilité des abeilles à l'insecticide n'est donc pas identique partout et par tous les temps et varie selon les conditions environnementales. « Les chercheurs ont ainsi montré que, selon le contexte paysager ou météorologique, l'effet du pesticide peut être sous-estimé ou surestimé d'un facteur six », indique l'Inra dans son communiqué.