L'Unaf (Union nationale de l'apiculture française) a dressé le bilan des récoltes de miel lors d'un point de presse, le 15 novembre 2011. En 2011, la production a été sensiblement équivalente à celle de 2010 avec près de 20.000 tonnes.

« Si les récoltes de printemps ont été plutôt satisfaisantes, celles d'été ont été parfois bonnes, souvent décevantes, voire calamiteuses, estime l'Unaf. Nous sommes loin de l'année extraordinaire clamée par la FNSEA. »

Le tonnage français ne retrouve ainsi pas les niveaux observés jusqu'en 1995 (plus de 32.000 tonnes). Pour l'Unaf, cela s'explique par la faiblesse des productions de miel provenant des zones de grandes cultures comme le tournesol et le colza.

« En raison des intoxications subies, les apiculteurs se détournent de plus en plus de ces zones et lorsqu'ils continuent à vouloir bénéficier de ces miellées, ils sont confrontés aux effets de la rémanence des produits phytosanitaires, comme le Gaucho employé à vaste échelle sur céréales à paille ou à des variétés bien moins mellifères », appuie l'Unaf.

Le syndicat a donc profité de cette conférence pour aborder le sujet de l'autorisation des produits à base de néonicotinoïdes qui pour Olivier Belval, président de l'Unaf, est « incompatible avec le développement durable et une agriculture raisonnée. »

Malgré l'annulation par le Conseil d'Etat de l'AMM du Cruiser pour les années 2008, 2009 et 2010, l'Unaf s'inquiète de la mise sur le marché de traitements de semences à base de thiaméthoxam sur maïs (Cruiser 350 en décembre 2010 et sur colza, Cruiser OSR en juin dernier). Leur combat se poursuit aussi contre d'autres insecticides de la même famille, notamment Proteus et Gaucho.

Sur un autre registre, en 2011, de nombreux épandages aériens ont été autorisés par dérogation, essentiellement sur maïs. Le syndicat apicole a décidé d'attaquer une des dérogations (celle du Loiret) afin de faire respecter le caractère exceptionnel de ces dérogations. L'Unaf précise que les apiculteurs n'ont pas toujours été prévenus, comme le prévoit la loi. C'est notamment le cas pour les 177 dérogations obtenues dans le Lot-et-Garonne.

C.F.