Les apiculteurs français ont appelé jeudi le gouvernement à « aller plus loin » que l'interdiction récente du pesticide Cruiser OSR pour lutter contre la surmortalité des abeilles, en interdisant d'autres pesticides et en « remettant de l'ordre » dans la pratique des épandages.

« En Europe, le taux de mortalité des abeilles est de 30 % contre 5 % il y a une quinzaine d'années. Les raisons sont nombreuses, mais la principale est la prolifération des produits phytosanitaires », selon Henri Clément, ancien président et actuel porte-parole de l'union des apiculteurs français (Unaf).

« Quand un nouveau produit arrive, dans la foulée arrivent les problèmes de surmortalité », a-t-il ajouté, réclamant des procédures d'homologation plus rigoureuses de la part de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

Le Cruiser OSR du groupe suisse Syngenta, un pesticide néonicotinoïde autorisé sur le colza en Europe, a été interdit d'utilisation en France et retiré de la vente en juillet par le ministère de l'Agriculture, « mais il faut aller plus loin, il y a le Cruiser sur maïs et le Gaucho (produit par le groupe Bayer) sur céréales à paille », a-t-il estimé.

« On s'aperçoit que ces produits-là, qui ont des durées de vies très longues, qui restent dans les sols et remontent dans le plantes, ont des conséquences catastrophiques sur les abeilles et les pollinisateurs en général », a ajouté M. Clément.

L'Unaf présentait à la presse le Congrès européen de l'Apiculture, qui doit réunir à Agen plus de 4.000 apiculteurs et chercheurs internationaux du 11 au 14 octobre prochain.

L'Unaf a indiqué qu'une rencontre était prévue avec le ministre de l'Agriculture, Stéphane le Foll, sur les enjeux de l'apiculture, dont les phytosanitaires, mais aussi la nécessité de renforcer la diversité de cultures dans les campagnes et d'accentuer la recherche sur la santé des abeilles.

La profession, a ajouté M. Clément, demande au ministère de « classer dans la catégorie des nuisibles » le frelon asiatique, aujourd'hui présent dans une cinquantaine de département, un « très gros tueur d'abeilles car 5 frelons suffisent pour anéantir une dizaine de ruches ».

Enfin, il demande au gouvernement de « remettre de l'ordre » dans la pratiques des épandages, pour lesquelles « les dérogations doivent rester exceptionnelles » ce qui selon les apiculteurs « est loin d'être le cas ».