Après l’abattoir d’Alès (Gard) en octobre dernier, c’est dans celui du Vigan, dans le même département, que l’association de protection animale L214 a trouvé des images remettant en cause le bien-être des animaux à l’abattage. Diffusée mardi 23 février sur le site internet de l’association, une vidéo montre de mauvais traitements infligés à des bovins, des ovins et des porcs. « J’étais devant l’abattoir avec des éleveurs qui avaient emmené leurs bêtes et revenaient chercher la viande, explique Sébastien Arsac, porte-parole de l’association. Eux aussi étaient sous le choc. Ils refusent que les choses se passent comme ça. »

Les images montrent notamment des animaux mal étourdis par un système défaillant, du matériel non adapté au gabarit des animaux à cornes, et des moutons jetés contre des barrières. « Quand nous recueillons des témoignages de salariés en abattoir, ce sont toujours les mêmes éléments de maltraitance qui reviennent, assure Sébastien Arsac. Quant aux services vétérinaires, ils sont là, mais que font-ils pour le bien-être ? Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les conditions d’abattage. »

L214 porte plainte pour « sévices graves, mauvais traitements sur animaux et violation de la réglementation relative à l’abattage ». L’association rappelle que la plainte similaire déposée contre l’abattoir d’Alès avait conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire, toujours en cours d’instruction.

Cette nouvelle affaire est aussi l’occasion de redemander la création d’une commission d’enquête sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie, que certains sénateurs avaient appuyé à l’issue de la diffusion des images d’Alès.

Stéphane Le Foll exige une enquête

Dans la foulée de la diffusion des images de l’abattoir du Vigan, Stéphane Le Foll a réaffirmé, dans un communiqué de presse, son « indignation face à des pratiques inacceptables. Il assure que la protection animale une priorité d’action pour son ministère, et rappelle qu’en novembre 2015, il a donné instruction aux Préfets de s’assurer de la prévention de tout acte de maltraitance lors de l’abattage. Il demande une enquête de la Brigade nationale d’enquête vétérinaire et phytosanitaire, co-saisie de l’enquête préliminaire ouverte par le parquet d’Alès avec la brigade de recherches de la gendarmerie d’Alès.

La Confédération française de la boucherie charcuterie traiteur (CFBCT) réagit également dans un communiqué, exigeant, comme le ministre, et comme l’association L214, une commission d’enquête parlementaire sur les abattoirs Elle juge les images « cauchemardesques ». « On pensait, en octobre dernier, avoir atteint le sommet dans le registre de la cruauté avec l’abattoir d’Alès, regrette-t-elle. Il faut malheureusement croire que non. La coupe est pleine (...). Il est plus qu’urgent de revenir à un modèle de consommation raisonnée car c’est l’industrialisation de la viande qui entraîne de fait ces dérives. »

Hélène ChaligneJournaliste - Service Elevage