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/ Actualités / Viticulture/Gironde : cent cinquante viticulteurs bloquent l’entrée du négociant Grands Vins de Gironde Publié le vendredi 21 janvier 2011 - 18h38
A partir de 5h30 vendredi matin, plus de 150 viticulteurs girondins ont répondus à l'appel de la FDSEA 33 et des Jeunes Agriculteurs de la Gironde. En bloquant la société Grands Vins de Gironde (GVG), à Saint-Loubès, ils souhaitaient lancer « un avertissement » au négoce qui pratique des cours trop bas dans les appellations les moins prestigieuses.
Le négociant GVG qui travaille avec la grande distribution « achète au plus bas, selon Patrick Vasseur, secrétaire général de la FDSEA 33. Il a réalisé des achats à 600 euros le tonneau de 900 litres de bordeaux rouge de 2009 », soit 66,67 €/hl.
Pour le rappeler à l'ordre, les viticulteurs ont déposé des ceps morts, des piquets de vigne, du fil de palissage, des cartons et d'autres déchets à l'entrée de son siège. « On a bien tout mélangé. Ils vont devoir trier. On leur a fait un beau cadeau », s'amuse Delphine Mallet, vice-présidente des JA de la Gironde.
Les organisateurs de la manifestation ont rencontré la direction de GVG pour « leur rappeler leurs engagements en matière de prix ».
Ce blocage se veut un premier avertissement « sympathique ». Pour autant, la colère des viticulteurs pourrait monter d'un cran. Ils ne supportent plus cette spirale des cours du vrac à la baisse.
Si la situation devait perdurer dans les prochains mois, les viticulteurs ont déjà un scénario tout prêt. Lors du prochain Vinexpo, du 19 au 23 juin 2011, ils n'hésiteront pas à envahir les stands des négociants. De quoi faire tache dans une manifestation de grande envergure.
« Ce n'est pas forcément la grande distribution qui nous met à genoux. Mais ce sont les négociants qui essaient toujours d'acheter plus bas que leur concurrent. Ce n'est pas tenable », confie un des viticulteurs.
Une première éclaircie pourrait se faire jour. Lundi matin, 24 janvier, sera lancée la SAS Mercure, voulue par l'ODG des Bordeaux et Bordeaux supérieur, à Beychac-et-Caillau. En clair, une centrale d'achat à laquelle les négociants s'engagent à acheter un volume minimal de vrac, selon un prix « d'orientation » défini par l'Observatoire du vrac : pas en dessous de 800 € le tonneau de bordeaux rouge de 2010 et de 700 € pour les autres millésimes.
Les maisons de négoce Grands Chais de France, Castel et Trilles seraient partantes pour jouer le jeu.
C.G.
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