Publié le lundi 19 mars 2007 - 19h00
«L’envolée incontrôlée des cours des produits industriels ces dernières semaines laisse augurer une bonne année 2007», s'est félicite Gérard Calbrix, économiste à l’Association de la transformation laitière française (Atla), lors d’une conférence de presse, lundi 19 mars.
Cette fermeté est en partie due à un recul de la production en Océanie, alors que la demande mondiale ne cesse d’augmenter. La Nouvelle-Zélande semble arriver à saturation de ses capacités de production de lait à des coûts très faibles. L’Australie, confrontée à une grave sécheresse, a fortement décapitalisé son cheptel. Dans les pays qui développent leur élevage laitier (Chine, Inde, Pakistan), l’offre supplémentaire est destinée au marché intérieur. «La tension mondiale sur l’offre se maintiendra dans les prochaines années, estime Gérard Calbrix. Les cours devraient donc rester fermes.»
Ces prévisions confirment un bilan 2006 moins sombre que ce que les industriels redoutaient. «Après une année 2005 marquée par la réforme de la Pac, l’année 2006 s’est avérée meilleure que prévu», observe Olivier Picot, président d’Atla. Cette embellie est due à plusieurs facteurs. Tout d’abord, les produits industriels (beurre, poudres) se valorisent mieux, d’une part grâce à une forte demande mondiale, et d’autre part grâce à une baisse des fabrications, liée à un recul de la collecte laitière et à la croissance des fabrications de fromages en Europe. Les protéines laitières se raréfient pour les mêmes raisons. Par ailleurs, le système s’est adapté à la disparition prochaine des restitutions à l’exportation. Ces dernières ne représentent plus que 4,6% de la valeur des exportations françaises en 2006.
En France, la restauration hors foyer et les produits «ingrédients» par les industries alimentaires compensent l’effritement des achats des ménages, souligne l’Atla. En effet, la consommation est restée atone, avec une très légère hausse (+0,7% en volume). Le développement de plusieurs niches (lait bio, beurres spéciaux moulés ou allégés, yaourts à boire, fromages de chèvre...) ne parvient pas à compenser la baisse des poids lourds du marché. Les fromages ne bénéficient pas de l’engouement observé dans les autres pays d’Europe. Il faut dire que les français en consomment déjà 25 kg/an. Le lait de consommation poursuit son recul (-1,4%), alors que le beurre (+ 0,7%), la crème (+0,8%) et l’ultrafrais (+0,5%) se redressent.
E.C.
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