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Une année 2009 « extrêmement décevante » pour la filière (J-M. Serres, FNP) (VIDEO)

Publié le mercredi 20 janvier 2010 - 19h04

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« Des éleveurs mal payés et une filière qui ne s'en sort pas mieux »n voilà le bilan de l'année 2009 dressé mercredi par Jean-Michel Serres, le président de la Fédération nationale porcine (FNP).

 

« Avec un cours du porc à 1 €/kg, les trésoreries continuent de se dégrader », a-t-il constaté. Le président de la FNP précise que les producteurs devraient recevoir près de 15 centimes d'euro supplémentaires par kilogramme de carcasse de porc vendue au MPB (Marché du porc breton) pour espérer atteindre l'équilibre financier.

 

« Même si le prix de l'aliment a reculé, ajoute J.-M. Serres, c'est d'ailleurs le seul critère sur lequel nous ayons un peu de visibilité, au moins jusqu'aux prochaines récoltes. » La baisse actuelle sur les marchés des céréales et des protéines « rassure » la filière porcine, tempère-t-il.

 

Le début de l'année est aussi l'occasion de se pencher sur les résultats du plan Sarkozy. « Nous n'avons pas d'état des lieux précis, mais les remontées du terrain ne sont pas rassurantes », regrette Jean-Michel Serres. D'autant que ce plan d'urgence a entraîné l'abandon des mesures de consolidation des trésoreries annoncées par Michel Barnier en avril dernier.

 

« De 30.000 à 40.000 € de prêts de consolidation bonifiés sont transformés en 3.000 à 4.000 € de Fac (fonds d'allègement des charges, NDLR) », décrit-il. Jean-Michel Serres n'hésite pas, d'ailleurs, à parler de « détournement de fonds du ministre actuel », Bruno Le Maire.

 

« Ce dont nous avons besoin aujourd'hui, reprend le président de la FNP, c'est de mesures de consolidation de l'endettement des éleveurs. Mais c'est hors du champ du plan Sarkozy. Finalement, l'aide la plus importante accordée aux producteurs en 2009 est venue du secteur privé. » Quand les banques qui ont financé la caisse d'avance de trésorerie (CAT) dont bénéficient les éleveurs ont accepté de repousser les appels de remboursement.

 

La FNP est également revenue mercredi sur les problématiques de distorsion de concurrence et de perte de compétitivité de la filière porcine, par rapport aux autres pays membres, et en particulier l'Allemagne. Avec une production à la hausse et des coûts – notamment de main-d'œuvre (12 €/h contre 18 €/h en France, chiffres de l'Institut du porc, 2008) très bas – , elle est devenue le premier pays producteur européen, analyse Jean-Michel Serres.

 

La filière allemande bénéficie d'une « santé insolente », ce qui décourage complètement les producteurs français qui ne peuvent s'aligner, déplore-t-il.

 

Afin de «relancer une nouvelle dynamique» et «se différencier» de la concurrence allemande et européenne de manière générale, les éleveurs de porcs français veulent créer une marque pour promouvoir leur production auprès des consommateurs, ont-ils annoncé mercredi. Cette réflexion est menée avec Coop de France ainsi que les distributeurs, via notamment la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), a déclaré Jean-Michel Serres.

 

Une annonce devrait être faite lors du prochain Salon international de l'Agriculture fin février à Paris.

 

 

 

La FNP demande la création d'associations de producteurs, Inaporc lance un audit de la filière à l'horizon de 2015

Le conseil d'administration de la FNP souhaite la création d'associations d'organisations de producteurs en 2010 afin de regrouper jusqu'à « 75 % de la production dans le grand Ouest ». C'est le message que Jean-Michel Serres portera auprès des groupements de producteurs, afin qu'ils « retrouvent leur mission première en regroupant d'avantage l'offre, en amenant davantage de porcs au MPB ». Ainsi, les abattoirs seraient obligés de passer par le marché du porc, avec une concentration de l'offre et de la demande, ce qui « aiguisera la compétition », a expliqué le président de la FNP.

L'interprofession porcine, de son côté, entreprend l'audit de la fillière, a révélé mercredi le président de la FNP. Inaporc souhaite « travailler rapidement » sur son évolution d'ici à 2015. Pour cela, Inaporc auscultera tous les acteurs dans ce délai, a indiqué J.-M. Serres.

 

 

Visionnez ci-dessous l'interview de Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine.

 

E.R., B.V.

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