Publié le lundi 18 février 2008 - 19h12
Le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, a jugé lundi «inacceptable» le nouveau document proposé dans le cadre des négociations agricoles à l'OMC, à la sortie d'un tour de table avec dix-neuf homologues européens.
«Nous sommes prêts à dire tous ensemble que le dernier papier Falconer (ndlr: du nom du médiateur chargé du groupe de négociation sur l'agriculture: Crawford Falconer) est inacceptable, encore plus déséquilibré que les précédentes copies», a commenté M. Barnier devant la presse.
Selon lui, cette proposition «met en cause des pans entiers de l'activité agricole européenne, notamment dans le domaine des fruits et légumes ou de l'élevage».
«Le sentiment général de tous mes collègues, c'est qu'il vaut mieux pas d'accord qu'un mauvais accord sur l'économie agricole», a-t-il résumé.
La réunion des ministres de l'Agriculture, à l'intiative de Michel Barnier, a été boudée par sept Etats membres (le Royaume-Uni, la République tchèque, Malte, la Lettonie, la Suède, le Danemark et l'Estonie).
Forte du soutien de ces vingt pays, la commissaire européenne à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel, pourra exiger du commissaire au Commerce, Peter Mandelson, «une ligne responsable et dure», a-t-il noté.
Dans la foulée, l'ensemble des vingt-sept ministres de l'Agriculture se sont retrouvés en présence de Mme Fischer Boel pour la réunion du Conseil.
Pour M. Barnier, le texte incriminé présente «des concessions supplémentaires en matière de tarifs douaniers qui ne sont pas acceptables à nos yeux, surtout à un moment où l'on est tous soucieux de la croissance européenne et qu'on constate dans cette croissance la part que tient l'économie agricole».
En France, en matière de commerce extérieur, «l'un des rares secteurs qui tire vers le haut avec un excédent de 9 milliards d'euros, c'est le secteur agricole et agroalimentaire», a-t-il précisé.
Soulignant la volonté à l'OMC «d'accélérer les choses jusqu'au mois d'avril pour aboutir», le ministre français a noté: «Nous ne pourrons pas accepter que l'agriculture soit la variable d'ajustement d'un mauvais accord.»
Les médiateurs chargés des groupes de négociation à l'OMC ont publié récemment trois nouveaux textes de négociation pour l'agriculture, les biens industriels et les services dans le cadre du cycle de Doha visant à libéraliser le commerce mondial.
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