Publié le lundi 26 octobre 2009 - 15h14
Un peu plus de deux mois après la rupture d’un oléoduc transportant du pétrole brut dans la réserve naturelle des coussouls de Crau, les travaux de dépollution engagés par la Société du pipeline sud-européen (SPSE), exploitante du réseau, ne voient toujours pas le bout du tunnel.
Le jour de l’accident, quelque 4.500 mètres cubes d’hydrocarbures se sont déversés sur cette steppe végétale, unique en Europe. «Le chantier a débuté par l’excavation des 5 hectares souillés sur 40 cm de profondeur», indique Axel Wolff, chargé de mission. 45.000 tonnes de terre ont été décaissées. L’enlèvement a nécessité 2.000 rotations de camion. Cela ne risque d’être qu’un début.
Des hydrocarbures ont en effet été détectés plus en profondeur à 3 et 6 mètres. Des analyses ont par ailleurs démontré une contamination de la nappe phréatique. «Elle reste toutefois très localisée, dans un rayon de 10 mètres autour de la fuite», souligne Axel Wolff.
Les modalités de traitement de cette pollution n’ont pas encore été arrêtées. «Nous en saurons plus dans trois semaines, poursuit le chargé de mission. Les moyens déployés pourraient être bien plus importants qu’à l’heure actuelle. Nous craignons une aggravation des dégâts sur ce milieu très fragile.»
D’ores et déjà, les camions qui ont circulé dans la zone ont provoqué des dommages: dépôt de gravier, destruction de la végétation, tassement de terrain… Le chantier qui s’étend sur un périmètre de 50 hectares se trouve en outre sur une zone de pâturage appartenant à un éleveur. «Il a dû déplacer son troupeau», commente Axel Wolff.
Fort heureusement, l’essentiel des prairies de fauche du foin de Crau se trouve largement à l’extérieur de la zone contaminée. Des vergers de pêchers sont, en revanche, à proximité de cette dernière. Des analyses réalisées sur feuilles et sur fruits, n’ont pas fait apparaître de traces de pollution.
A la réserve naturelle de Crau, on estime que les travaux de dépollution prendront encore une année entière.
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La nappe sous surveillance L’un des principaux enjeux du chantier dans les mois qui viennent: la surveillance de la nappe phréatique. Située à 8 mètres de profondeur, elle constitue une ressource essentielle pour la région. Elle alimente en effet 250.000 personnes. Sur les 70 millions de mètres cubes qui y sont prélevés, près de 30 millions approvisionnent la population en eau potable, 22 millions sont consacrés aux activités agricoles et 18 millions sont utilisés par les industries. |
C.S.
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