Publié le mardi 19 janvier 2010 - 19h24
Plus de 600 éleveurs se sont déplacés lundi à Mayenne, malgré un brouillard à couper au couteau. Ils ont répondu à l'appel de l'Association des producteurs de lait indépendants (Apli).
Cette dernière organise pas moins de quatre réunions par jour tout au long de la semaine, partout en France.
Objectif : présenter le système canadien de gestion de l’offre de lait (1). L'Apli s'appuie sur ce modèle pour étayer sa proposition d'un office du lait européen regroupant l'ensemble de la filière (producteurs, transformateurs, mais aussi distributeurs et consommateurs).
Dans la salle, les producteurs écoutent attentivement deux éleveurs de la Belle Province venus leur expliquer comment fonctionne la gestion collective des prix et des volumes chez eux.
« Un modèle plein de bon sens, qui pourrait être transposé en Europe si la volonté politique était là, lance Pascal Massol, président de l'Apli, très applaudi par l'assemblée. Nos idées sont bonnes, nous devons désormais trouver la tactique politique pour les faire passer. » Les éleveurs dans la salle semblent conquis.
Pendant ce temps, à l’extérieur, la FDSEA et les JA de la Mayenne déposent discrètement des tracts sur les pare-brise des voitures. Ils y expliquent que transposer ce système est impossible, du fait de la taille des marchés européen (18 fois plus grand qu'au Canada) et français (3 fois plus grand), de la vocation exportatrice de plusieurs pays de l'UE (Pays-Bas et Danemark surtout), et de la ligne politique de la Commission européenne située à l'opposé.
Ces arguments sont parfaitement recevables et auraient pu donner lieu à un vrai débat. Malheureusement, cette action en catimini suscite plutôt la colère et les sarcasmes de l'assemblée.
Au passage, la FNSEA et Jean-Michel Lemétayer sont vertement critiqués, y compris – voire surtout – par des adhérents du syndicat majoritaire. « J’attends qu’ils m’expliquent ! Qu’ils me disent où ils nous mènent ! Jusqu’ici, ils ne l’ont pas encore fait... », entend-on.
Visiblement, le dialogue avec une partie de sa base n'est pas renoué. La colère affleure, mais aussi la détresse, certains redoutent de ne plus être là avant que le système change. Les Canadiens insistent sur deux points fondamentaux à la réussite de leur système : l'organisation et l'unité entre les producteurs. On en est loin en France...
_____
(1) voir La France Agricole n° 3317 du 8 janvier 2010, page 65.
E.C.
mardi 19 janvier 2010 - 21h26
moussu jean claude
Voir son profil
Le commentaire d'article est réservé aux abonnés de La France Agricole.
Si vous êtes abonné, identifiez-vous dans le bloc "services experts"
situé en haut à droite de la page.
Si vous voulez vous abonner et profiter de tous les contenus du site ainsi que de l’édition papier de La France Agricole, cliquez sur le lien ci-dessous :
Porc : « Les éleveurs bretons perdent près de 45.000 € par exploitation par an » (FDSEA 29)
Vendredi 25 mai 2012
...
Groupama : le président Jean-Luc Baucherel mettra fin à son mandat à la fin de 2012
Vendredi 25 mai 2012
...
Investissement forestier : « Une valeur refuge » pour un tiers des internautes (sondage)
Vendredi 25 mai 2012
...
Je suis abonné(e),
Nos offres d'abonnement
simples ou couplées,
à nos publications
hebdomadaires
et mensuelles
Découvrir nos Offres